Trudeau dénonce l’attaque contre des réfugiés syriens à Vancouver

VANCOUVER – L’attaque au gaz poivré commise contre des réfugiés syriens à Vancouver a été vivement dénoncée, samedi, le premier ministre Justin Trudeau soutenant qu’elle ne reflétait pas l’attitude du Canada envers les immigrants.

La police de Vancouver a ouvert une enquête sur l’incident survenu vendredi soir, le considérant comme un crime haineux.

Selon les autorités, plus d’une dizaine de personnes étaient rassemblées devant le centre de l’Association musulmane du Canada à l’occasion d’une soirée d’accueil pour des réfugiés syriens nouvellement arrivés en sol canadien lorsqu’un homme en vélo a aspergé la foule de gaz poivré.

Environ 15 personnes, dont des enfants, ont dû recevoir des soins à la suite de l’attaque, a indiqué la police.

En réaction à cet événement, M. Trudeau a écrit sur Twitter, samedi, que l’attaque était «contraire à ce que nous sommes» et qu’elle ne reflétait pas «l’accueil chaleureux des Canadiens».

Nawal Addo, une Canadienne d’origine syrienne âgée de 16 ans, se trouvait avec des réfugiés attendant l’autobus devant les ramener à leur hôtel quand, soudainement, les gens se sont mis à tousser et à se plaindre que leurs yeux brûlaient.

«Nous avons vu d’autres personnes sortir de l’édifice et elles semblaient dans un état pire que le nôtre, a-t-elle raconté. Leurs yeux étaient très gonflés, elles n’étaient pas capables de les ouvrir.»

Elle a expliqué que les vapeurs de gaz poivré avaient apparemment pénétré à l’intérieur du bâtiment où elles ont incommodé davantage les gens en raison de l’espace clos. Certains ont vomi et une petite fille de deux ans figurait parmi les victimes, a ajouté Nawal.

L’adolescente a dit ne pas avoir vu l’homme en bicyclette. «Un seul témoin l’a aperçu et il n’a pas vu son visage», a-t-elle commenté.

Le chef de la police de Vancouver, Adam Palmer, a déclaré que le suspect portait un chandail blanc ou gris et était svelte. Les policiers passaient le secteur au peigne fin pour mettre la main sur des images vidéo ou des preuves matérielles, en plus d’interroger les témoins et les victimes. Les forces de l’ordre n’ont procédé à aucune arrestation pour l’instant.

La première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, le maire de Vancouver, Gregor Robertson, et le ministre de l’Immigration, John McCallum, ont aussi condamné l’incident.

«L’attaque survenue hier soir contre des réfugiés est intolérable, et ce, peu importe le motif, a martelé Mme Clark sur Twitter. Joignez-vous à moi pour condamner cet assaut et accueillir les nouveaux Canadiens.»

M. McCallum a pour sa part révélé qu’il avait été choqué par l’événement.

«Les Canadiens savent que cet incident est une insulte à nos valeurs en tant que nation et contraste avec l’accueil résolument favorable qu’ont reçu les réfugiés syriens dans les collectivités de l’ensemble du pays», a-t-il déclaré dans un communiqué.

«Je voudrais aussi assurer aux réfugiés syriens récemment arrivés que les personnes qui s’étaient réunies hier soir pour leur apporter un appui et leur souhaiter la bienvenue incarnent le sentiment des Canadiens. Cette attaque ne représente en aucune façon leur nouveau foyer.»

Le gouvernement fédéral s’est engagé à accueillir 25 000 réfugiés syriens d’ici la fin du mois de février.