Deuxième mouture du Programme de coopération municipale Québec-Haïti

MONTRÉAL – L’enveloppe du Programme de coopération municipale Haïti-Canada (PCM) sera plus que doublée au cours de sa deuxième phase visant à rendre certaines municipalités haïtiennes plus autonomes et transparentes.

Ce programme, qui venait à échéance à la fin de 2013, a été prolongé de cinq ans, au coût de 21,4 millions $.

Le ministère fédéral des Affaires étrangères consacre ainsi 19,1 millions $ à la deuxième phase du PCM, alors que le reste proviendra de la Fédération canadiennes des municipalités, de la Ville de Montréal ainsi que de l’Union des municipalités du Québec.

Dans la foulée du séisme du 12 janvier 2010 à Haïti, qui a fait au moins 230 000 morts, 300 000 blessés et 1,2 million de sans abri, quelque 9 millions $ avaient été accordés pour la première phase du PCM, dont 7 millions $ en provenance du gouvernement fédéral.

La deuxième phase du PCM a été confirmée lundi, à l’hôtel de ville de Montréal, en présence du maire de la métropole, Denis Coderre, de l’ambassadeur d’Haïti au Canada, Frantz Liautaud, du sénateur Claude Carignan, du président de la Fédération canadienne des municipalités, Claude Dauphin, et de la vice-présidente de l’Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy.

Des partenaires haïtiens devraient aussi prendre le relais, graduellement, pour assumer certains coûts du deuxième programme à compter de sa troisième année.

Après un coup de pouce sur le plan administratif, la prolongation du PCM doit permettre aux intervenants d’accompagner cinq collectivités haïtiennes en ce qui a trait à des besoins sur le terrain.

«Ce sera sur des besoins comme l’assainissement des eaux ainsi que la collecte des ordures», a précisé M. Coderre, qui a également annoncé sa première mission en Haïti en tant que maire de Montréal du 12 au 15 mars.

Il a également été questionné à savoir s’il était pertinent de calquer le modèle administratif montréalais, éclaboussé par de nombreux scandales au cours des dernières années, en Haïti.

«Est-ce que vous voulez le verre à moitié plein ou à moitié vide? a demandé M. Coderre. Avez-vous déjà été en Haïti? Je pense qu’on peut faire du cynisme avec notre politique ici, mais je pense que ces gens ont besoin d’aide.»

L’ambassadeur haïtien au Canada a de son côté salué la nouvelle mission du PCM qui devrait se traduire par des mesures d’accompagnement plus concrètes sur le terrain.

«C’est le début de la bonne gouvernance locale, qui va forcément faire boule de neige et faire remonter la chaîne de l’État de droit et de la gouvernance en Haïti», a expliqué M. Liautaud.

MM. Coderre et Carignan ont justifié la bonification de l’aide financière pour la deuxième phase du PCM par les besoins criants de la population haïtienne sur le terrain.

«Il y a des besoins qui sont supplémentaires, a souligné le maire de la métropole. À mon avis, le développement doit passer davantage par les municipalités. C’est probablement cela qui fait en sorte qu’il y a plus d’argent.»

Il a été impossible de savoir s’il pourrait y avoir une troisième phase à ce programme, mais l’ambassadeur d’Haïti au Canada estime qu’il était important de déterminer le moment où la prolongation du PCM prendra fin.

«C’est une bonne chose de savoir que ce genre de coopération a un début et une fin, parce qu’il faut que la relève locale se mette en branle, a dit M. Liautaud. Je suis content de voir que dans cinq ans, Haïti sera un peu en mesure de voler de ses propres ailes.»

Depuis 2006, l’aide humanitaire du gouvernement fédéral versée à Haïti a été de plus de 1,4 milliard $. Entre 2009 et 2012, ce pays des Antilles a été le premier bénéficiaire de l’aide au Canada.