Dion insiste sur l’importance d’assurer la stabilité au Liban et en Jordanie

QUÉBEC – Le nouveau plan canadien de lutte contre le groupe État islamique (EI) tiendra compte de la nécessité d’assurer la stabilité du Liban et de la Jordanie, a déclaré vendredi le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion.

M. Dion a insisté sur l’importance des efforts à faire pour éviter que ces deux pays subissent les contrecoups de la présence de l’EI en Syrie et en Irak.

Au terme d’une rencontre avec ses homologues du Mexique et des États-Unis, M. Dion n’a pas donné plus de détails sur les intentions du gouvernement pour son implication au Moyen-Orient.

«Notre effort en Irak est un effort qui doit déborder sur d’autres pays, a-t-il dit. Il faut penser à la Syrie mais aussi à deux pays qu’il faut garder solides, parce qu’il ne faut pas que ces pays basculent et reçoivent les contrecoups, en réfugiés, en tensions, et il faut donc les aider le mieux possible. C’est le Liban et la Jordanie.»

La mission des Forces canadiennes dans la région, qui prévoit des frappes aériennes en Irak et en Syrie, se terminera fin mars. Après leur élection en octobre, les libéraux ont fait part de leur intention de rappeler les avions de chasse canadiens.

Dans une conférence de presse conjointe, au terme d’une rencontre des trois ministres des Affaires étrangères de l’Amérique du Nord, le secrétaire d’État américain John Kerry a affirmé qu’il était confiant de voir le Canada maintenir une implication significative dans la région.

«Le Canada a déjà exercé un rôle énorme, tant sur les plans militaire qu’humanitaire, dans la lutte contre Daech, a-t-il dit. Et je suis totalement confiant, d’après mes conversations avec Stéphane (Dion), que le premier ministre et ses conseillers à la sécurité vont continuer à faire une contribution significative.»

M. Dion a expliqué que le Canada veut compléter «bientôt» son plan de participation à la coalition d’une soixantaine de pays qui luttent contre l’EI, sous la direction des États-Unis.

Le Canada a déjà reçu plusieurs demandes, dont celles des États-Unis, qui lui serviront à préciser le rôle qu’il jouera dans la région, a indiqué le ministre.

«Ça nous aide beaucoup à comprendre comment on peut déployer nos efforts d’une façon optimale et complémentaire au sein de la coalition», a-t-il dit.

M. Dion a pointé vers une réunion des ministres des Affaires étrangères, la semaine prochaine à Rome, ainsi qu’une autre rencontre des ministres de la Défense de l’OTAN, à Bruxelles plus tard en février, comme deux étapes qui permettront de raffiner davantage le plan canadien.

Un des objectifs de la rencontre des trois représentants des affaires étrangères nord-américains était de préparer le sommet des dirigeants nord-américains qui réunira plus tard cette année Justin Trudeau, Barack Obama et Enrique Pena Nieto.

Par ailleurs, le Canada, les États-Unis et le Mexique ont convenu d’une première étape qui doit les mener vers un accord sur l’environnement et les énergies renouvelables, a annoncé M. Dion.

Les trois États nord-américains dresseront d’ici juin un inventaire de leurs initiatives respectives dans la lutte aux changements climatiques, a indiqué M. Dion en clôturant une rencontre avec ses deux homologues dans la capitale québécoise.

«La première étape sera de faire l’inventaire de nos initatives qui comptent vraiment entre les trois pays touchant l’environnement, les énergies propres et les soumettre à nos leaders pour la rencontre annuelle», a-t-il dit.

En concluant cette journée de travail, M. Dion, qui a présidé le segment sur l’environnement et changements climatiques, a expliqué que les trois partenaires nord-américains souhaitaient profiter de l’accord conclu en décembre à Paris pour aller plus loin dans leur coopération à ce chapitre.

Dans un point de presse qui a suivi, le ministre canadien a déclaré que cet engagement dans le dossier de l’environnement aurait été impossible avec le précédent gouvernement conservateur.

«Je ne crois que ça aurait été possible, avec l’ancien gouvernement, de faire comme premier thème de cette rencontre l’énergie propre et l’environnement et d’envisager qu’on aura ensemble un accord là-dessus», a-t-il dit.

M. Dion a accusé les conservateurs d’avoir nui aux relations avec les États-Unis en raison de l’opposition américaine au projet d’oléoduc Keystone XL.

«Avec les États-Unis, il y avait cette fixation sur un pipeline, qu’on souhaitait tous c’était une bonne idée, a-t-il dit. Mais il ne fallait pas non plus rompre les bonnes relations qu’on a avec les États-Unis sur les autres dossiers.»

Les échanges ont débuté une série de rencontres bilatérales, vendredi, suivies de la session principale où quatre thèmes, dont l’environnement, ont été abordés.

Les trois représentants ont abordé les enjeux de coopération régionale. Les relations avec Cuba, marquées par un réchauffement avec Washington, ainsi que la situation d’Haïti étaient à l’ordre du jour.

M. Kerry a présidé les échanges sur les enjeux de défense et de sécurité, durant lesquels il a été question des contrôles frontaliers, de l’État islamique, d’Israël et plus généralement de la situation au Moyen-Orient.

Les retombées du Partenariat transpacifique étaient à l’ordre du jour durant la partie de la rencontre sur la prospérité économique, animée par la secrétaire mexicaine aux relations extérieures, Claudia Ruiz Massieu.

Les trois ministres étaient réunis dans un hôtel de la capitale québécoise pour cette journée de travail, marquée par une traditionnelle séance de photo, où ils sont apparus en compagnie de la mascotte du Carnaval de Québec, sur les plaines d’Abraham où soufflait un doux blizzard.

Le premier ministre Philippe Couillard a profité du sommet pour rencontrer Mme Massieu, en marge de l’événement.

M. Couillard a discuté de coopération entre le Québec et le Mexique dans les secteurs recherche, culture et enseignement supérieur ainsi que du marché du carbone.

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