Discours inaugural de Couillard: le Parti québécois reste sur sa faim

QUÉBEC – Le Parti québécois est resté sur sa faim, à la suite de la présentation du discours d’ouverture du premier ministre Philippe Couillard, mercredi, à l’Assemblée nationale.

Le chef intérimaire péquiste Stéphane Bédard a estimé qu’il faudra attendre le budget avant d’avoir une idée claire des intentions des libéraux.

«Il va falloir attendre le budget avant de connaître les réelles intentions du gouvernement», a-t-il dit dans un bref point de presse.

Selon M. Bédard, les applaudissements reçus par M. Couillard lorsqu’il a abordé la question de la diversité illustrent bien ce manque de substance.

«Ça manquait un peu d’orientations costaudes, a-t-il dit. Comme on dit, il manquait de chair un peu autour de l’os du poulet.»

Le PQ croit que le gouvernement prend une mauvaise orientation en décidant de redémarrer le programme des mini-centrales, aboli par les péquistes quand ils étaient au pouvoir.

«Le débat je pense a été fermé, je ne pense pas que c’était une très bonne idée», a-t-il dit.

M. Bédard croit aussi que M. Couillard devra préciser sa pensée concernant les redevances minières, parce qu’il semble avoir ouvert la porte à une révision du régime.

«Est-ce qu’on ouvre les redevances minières? J’ai compris qu’ils voulaient assurer une prévisibilité, c’est ce que prévoit la loi. Est-ce qu’il compte le refaire?» a demandé le leader péquiste.

La Coalition avenir Québec (CAQ) a estimé pour sa part que le premier ministre libéral a récupéré plusieurs de ses idées concernant la réduction du fardeau fiscal, les crédits d’impôt aux entreprises, l’élimination de la bureaucratie en santé et en éducation, de même que la stratégie maritime.

Le leader parlementaire caquiste François Bonnardel a déclaré qu’il aurait souhaité que M. Couillard s’engage à abolir plus rapidement la taxe santé pour les contribuables dont la salaire est de moins de 45 000 $.

«Pour nous, on peut réduire les dépenses et donner de l’oxygène aux familles québécoises», a-t-il dit.

M. Bonnardel voit lui aussi d’un mauvais oeil le redémarrage du programme des mini-centrales, estimant que cela aura un impact à la hausse sur les tarifs d’Hydro-Québec.

«Dans ce contexte, c’est incohérent. Vous comprendrez que le courant ne passera pas entre nous deux sur cette proposition», a-t-il dit.

La députée de Québec solidaire Françoise David a estimé que le programme de retour à l’équilibre budgétaire est trop ambitieux.

«L’atteinte de l’équilibre budgétaire en 2015-2016 est rigoureusement impossible à moins de couper largement dans les programmes et les dépenses publiques et ça va faire mal au niveau des services à la population», a-t-elle dit.

Mme David a salué l’annonce d’une évaluation environnementale stratégique (ÉES) sur la filière des hydrocarbures, mais elle croit que le gouvernement devra d’abord mettre le frein sur les projets en cours.

«Ça veut dire pas tout de suite Anticosti, ça veut dire pas tout de suite le gaz de schiste, pas tout de suite le pétrole dans le golfe Saint-Laurent, a-t-elle dit. Il faut être sérieux, on fait d’abord l’ÉES, on verra après.»

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