Eaux usées:Heurtel fait un lapsus en parlant des conséquences pour l’eau potable

QUÉBEC – Le ministre de l’Environnement, David Heurtel, a déclaré qu’il a fait un lapsus, mercredi, en affirmant que l’approvisionnement en eau potable de Montréal pourrait être compromis par tout retard dans des travaux qui sèment la controverse.

En Chambre, mercredi, M. Heurtel a affirmé que le temps presse pour l’exécution de travaux qui nécessitent un déversement d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent, à Montréal.

Selon M. Heurtel, des experts des ministères de l’Environnement et de la Faune et d’autres scientifiques indépendants sont d’avis qu’à défaut de procéder, l’eau potable de Montréal pourrait être en danger.

En se rendant ensuite à une réunion du conseil des ministres, M. Heurtel a soutenu qu’il avait commis un «lapsus» avec cette déclaration.

En Chambre, alors qu’il répondait aux questions de deux députés de l’opposition, M. Heurtel a pourtant répété ses propos.

Selon le ministre, le déversement prévu de 8 milliards de litres d’eaux usées, rendu nécessaire à cause de travaux sur l’autoroute Bonaventure, est la seule option, bien qu’elle ne soit pas idéale.

«Si on ne va pas de l’avant avec cette solution-là dans les temps prescrits par les experts, c’est l’alimentation en eau potable de Montréal qui sera en péril», a-t-il dit, en réponse au Parti québécois.

À la Coalition avenir Québec, M. Heurtel a précisé davantage ses propos.

«Il faut absolument faire ces travaux, a-t-il dit. Si on ne les fait pas, si ces travaux ne sont pas faits de la façon que les experts de la Ville de Montréal le disent, que les experts du ministère de l’Environnement le disent, les experts du ministère de la Faune le disent, les experts de la science, les experts et les expertes indépendantes, c’est l’approvisionnement en eau potable de l’île de Montréal qui est péril.»

Aux journalistes qui le pressaient ensuite de préciser, M. Heurtel a corrigé ses propos.

«C’est un lapsus, c’est les eaux usées que je voulais dire», a-t-il dit sans s’arrêter.

L’attaché de presse du ministre, Guillaume Boucher, a expliqué que M. Heurtel voulait parler des risques de bris pour une usine de traitement des eaux usées.

Selon un rapport d’analyse du ministère de l’Environnement, des travaux de construction d’une nouvelle chute à neige, reliée au réseau d’égout montréalais, sont également nécessaires car des pièces en bois se détachent de l’infrastructure et sont en mesure de causer des problèmes aux pompes d’une station d’épuration.

En février dernier, le ministère a autorisé la Ville de Montréal à déverser ses eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent, pendant une semaine à la fin d’octobre, en raison de ces travaux de construction.

Mardi, le gouvernement conservateur a demandé au maire de Montréal, Denis Coderre, de suspendre le rejet, prévu du 18 au 25 octobre, en raison des craintes pour l’environnement qu’il suscite.

Selon le rapport d’analyse du ministère québécois de l’Environnement, la «période de moindre impact pour les usagers en aval» est du début de décembre à la fin de février, mais elle n’est pas appropriée pour réaliser les travaux, «principalement à cause des risques de conséquence sur les opérations de déneigement».

En Chambre, mercredi, le Parti québécois et la Coalition avenir Québec ont réclamé les avis qui ont servi au ministre à prendre sa décision.

«Dans ses analyses il n’y a aucune évaluation environnementale sur les impacts que ce déversement aura dans le fleuve, a dit le député péquiste Mathieu Traversy. Ce qu’on demande au ministre, c’est: déposez-nous les avis, prouvez-nous que vous avez pris la meilleure solution.»

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