Edgar Bronfman père, membre de la célèbre famille montréalaise, s’éteint

NEW YORK, États-Unis – Le milliardaire et philanthrope d’origine canadienne Edgar Bronfman père, qui a fait sa fortune dans l’entreprise familiale Seagram, est mort samedi à New York, à l’âge de 84 ans.

Il est décédé à son domicile de New York entouré de sa famille, selon ce qu’a indiqué la direction d’une oeuvre de charité qu’il présidait, la fondation Samuel Bronfman.

Il était notamment le frère de Charles Bronfman, l’ancien propriétaire des Expos de Montréal, et de l’architecte et fondatrice du Centre canadien d’architecture à Montréal, Phyllis Lambert.

M. Bronfman, né à Montréal en 1929, a été président du Congrès mondial juif de 1979 à 2007. Ce lobby, qui chapeaute des organisations juives de quelque 80 pays, a notamment fait pression auprès de l’ex-URSS pour permettre aux juifs d’émigrer.

Il a aussi contribué à la chasse internationale aux nazis terrés un peu partout à travers le monde au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale.

L’homme s’est joint à l’entreprise familiale Seagram — une société de vins et spiritueux —, en 1957, où il a assuré la présidence du conseil d’administration dès 1971 afin de poursuivre l’oeuvre de son père, Samuel. Sous sa direction, le groupe a diversifié ses placements avant d’être racheté, en 2000, par le groupe de contenus et de médias français Vivendi Universal.

La fortune de M. Bronfman, de même que son rôle de leader au sein du Congrès mondial juif, ont fait de lui un défenseur infatigable de la cause des juifs.

«Il a été le premier dans son genre, un géant de l’industrie qui s’est entièrement dédié à la défense du peuple juif et à son avancement», a souligné la directrice administrative de la fondation Samuel Bronfman, Dana Raucher.

Il a obtenu la citoyenneté américaine en 1959 et reçu plusieurs honneurs, dont la Médaille présidentielle de la liberté, en 1999, des mains du président américain de l’époque, Bill Clinton. Il a aussi été fait Chevalier de la Légion d’honneur en France.

En entrevue avec l’Associated Press en 1986, M. Bronfman avait indiqué que ses fonctions et sa fortune l’avaient aidé à avoir un accès privilégié aux leaders de ce monde.

«C’est un mélange des deux. En fin de compte, ce n’est pas très important comment on en arrive à cet accès, ce qui importe, c’est de l’avoir», avait-il expliqué.

Dans les années 1980 et 1990, le Congrès mondial juif avait contribué à restituer quelque 11 milliards $ aux héritiers des victimes de la Shoah.

La majorité de l’or dérobé aux juifs pendant la Seconde Guerre mondiale s’était retrouvé dans des banques suisses, qui ont fait l’objet, dans les décennies subséquentes, de pressions énormes pour ne pas avoir remis ces sommes à leurs détenteurs légitimes.