Éducation primaire et secondaire: Québec promet l’embauche de 600 enseignants

MONTRÉAL – Le réinvestissement de 80 millions $ par année en éducation permettra d’embaucher 600 enseignants supplémentaires, a précisé dimanche le ministre de l’Éducation François Blais, mais plusieurs acteurs du milieu demeurent sceptiques.

Trois jours après avoir consenti des sommes supplémentaires en éducation, M. Blais a annoncé comment le gouvernement comptait allouer ces ressources.

En plus de l’embauche de 600 enseignants supplémentaires, Québec prévoit l’ajout de 200 professionnels qui viendront en aide aux élèves en difficulté.

Les élèves du préscolaire et du premier cycle du primaire provenant de milieux défavorisés sont particulièrement visés par ces mesures.

Québec souhaite s’attaquer avec plus de vigueur aux difficultés d’apprentissage en lecture et en écriture de cette clientèle cible, puisque «c’est l’indicateur le plus probant de la réussite à long terme», selon le ministre Blais.

Le gouvernement Couillard veut aussi accélérer l’implantation de classes de maternelle quatre ans dans les quartiers jugés défavorisés.

Selon les informations dévoilées jeudi par le ministre des Finances Carlos Leitao, qui rendait publique sa mise à jour économique, Québec réinvestit dès maintenant 20 millions $ dans le réseau, puis ajoutera 80 millions $ par année à compter de 2016.

Dimanche, plusieurs acteurs du milieu de l’éducation ont réagi avec prudence, précisant que le réinvestissement alloué est bien en deçà des coupes effectuées dans le milieu de l’éducation ces dernières années.

«Quatre-vingts millions, c’est trop peu trop tard», s’est indignée la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot, en entrevue à La Presse Canadienne.

«Le réseau de l’éducation fait face à plus d’un milliard de coupures depuis 2005», a-t-elle rappelé.

La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) estime pour sa part qu’il est tout à fait impossible de confirmer qu’il s’agit bel et bien d’argent neuf, tant qu’on ne connaîtra pas le détail du budget 2016-2017.

Un avis que partage Mme Chabot. «Lors du premier budget Leitao, en juin 2014, on prévoyait que le budget du ministère de l’Éducation serait de 17,7 milliards $ en 2016-2017, alors qu’on nous annonce maintenant qu’il sera de près de 17,3 milliards, même en tenant compte de la réinjection de ces 80 millions. Alors, quand on parle de nouvelles sommes investies, il faut relativiser les choses», souligne-t-elle.

La FCSQ rappelle également que le ministre ne peut décider seul du nombre d’enseignants supplémentaires qui seront embauchés. «Leur nombre est déterminé par une convention collective qui n’est pas encore signée», soutient la fédération dans un communiqué diffusé dimanche, faisant allusion aux négociations en cours dans le secteur public.

De manière générale, Mme Chabot déplore le manque de vision d’ensemble du ministre Blais qui semble avoir agi de manière précipitée. «D’un côté le ministre Blais nous annonce 80 millions $ en éducation, alors que de l’autre, sa collègue de la Famille met en péril notre réseau de la petite enfance avec une coupe additionnelle de 120 millions dans les services de garde subventionnés. C’est tout à fait incohérent!», a-t-elle tonné.

La majorité de ce réinvestissement de 80 millions $ par année profitera aux niveaux primaire et secondaire. Le collégial recevra une enveloppe pour les étudiants ayant des besoins particuliers et pour ceux vivant avec un handicap. Rien n’est prévu pour le milieu universitaire.