Élection référendaire: Pierre Karl Péladeau rectifie le tir

QUÉBEC – Le candidat à la direction du Parti québécois Pierre Karl Péladeau a dû rectifier le tir, mercredi, après avoir ouvert la porte à une élection référendaire au scrutin de 2018.

Dans son programme pour la souveraineté, publié la semaine dernière, M. Péladeau écrit que s’il est élu chef, il souhaite obtenir aux prochaines élections un mandat pour faire l’indépendance.

Cette déclaration a été perçue par le premier ministre Philippe Couillard comme la porte ouverte vers une démarche qui ne nécessiterait pas de soumettre la question de la souveraineté du Québec à un référendum distinct après les élections.

Questionné à ce sujet à plusieurs reprises, mercredi, M. Péladeau a affirmé qu’il n’excluait «pas nécessairement» le recours à une élection référendaire.

Lors d’un conseil national du Parti québécois (PQ) à Laval, il y a 10 jours, M. Péladeau avait pourtant signalé que même si les militants peuvent débattre de la question, un référendum sur la souveraineté est incontournable, un élément qu’il n’a pas répété mercredi.

Lors d’une conférence de presse durant laquelle il a présenté un nouvel appui à sa campagne, M. Péladeau a refusé d’exclure la possibilité que le scrutin de 2018 soit une élection référendaire.

«Pas nécessairement», a-t-il dit.

L’attaché de presse de M. Péladeau, Marc-André De Blois, a précisé par la suite que M. Péladeau avait mal compris la question et confondu la notion d’élection référendaire avec la possibilité que son gouvernement tienne un référendum dans un premier mandat.

«Il a mal compris la question sur l’élection référendaire et lui, ce qu’il a compris, c’est un référendum, et s’il ne l’excluait pas, et il a répondu qu’il ne l’exclut pas», a-t-il dit.

Selon M. De Blois, M. Péladeau croit qu’un référendum est nécessaire pour assurer la légitimité internationale de l’accession du Québec à l’indépendance.

«Pour une élection référendaire, c’est un démocrate et ce n’est pas quelque chose qu’il envisage du tout, a-t-il dit. En 2018, quand il y aura l’élection, s’il est chef du Parti québécois, ça va être clair comme de l’eau de roche ce sur quoi les Québécois vont voter.»

Au début du mois, M. Péladeau a affirmé qu’il attendrait l’approche des prochaines élections pour décider si un référendum sur l’indépendance pourrait être organisé dans le premier mandat d’un gouvernement péquiste.

S’il est élu en mai par les militants du PQ, M. Péladeau mettra en place un institut de recherche sur les bienfaits de l’indépendance du Québec, qui se penchera sur les avantages économiques, mais aussi la démarche d’accession à la souveraineté.

«C’est certain que nous allons avoir l’occasion de nous pencher sur les modalités constitutionnelles, sur la question des constituantes, a-t-il dit. (…) En 2018, lorsque nous allons nous présenter aux élections, nous saurons à quoi nous allons nous en tenir.»

Appui de Nicolas Marceau

Mercredi, l’ancien ministre des Finances Nicolas Marceau a annoncé son appui à M. Péladeau. M. Marceau, septième député du PQ à rejoindre la campagne de M. Péladeau, a vanté le discours économique du candidat sur la souveraineté.

Selon M. Marceau, M. Péladeau incarne un recentrage du discours sur l’indépendance du Québec sur les questions économiques, en plus des considérations identitaires comme la langue et la culture.

M. Marceau a expliqué que c’est davantage la peur économique, construite par les fédéralistes, qui freine l’élan des Québécois vers la souveraineté.

Constatant l’enthousiasme suscité par M. Péladeau, actionnaire de contrôle du conglomérat Québecor, M. Marceau est convaincu que le candidat incarne mieux que quiconque la réussite économique.

Cet élément en fait le meilleur porteur du message pour la souveraineté, selon lui.

«Je suis convaincu que le chemin que nous emprunterons avec lui nous mènera vers le pays du Québec», a-t-il dit lors d’une conférence de presse.

M. Péladeau mène la course aux appuis, avec sept députés dans sa campagne, contre cinq pour Bernard Drainville et trois pour Alexandre Cloutier.

Par ailleurs, une autre candidate, Martine Ouellet, a affirmé mercredi, lors d’un discours devant une centaine d’étudiants de l’Université Laval, que le dernier gouvernement du PQ aurait dû trouver un compromis avec la Coalition avenir Québec pour faire adopter son projet de charte sur la laïcité de l’État et les accommodements raisonnables.

«Ça nous aurait permis de vivre avec ces éléments-là et d’ajuster dans le futur au besoin, ça aurait donné une base», a-t-elle dit lors d’un point de presse qui a suivi.

Mme Ouellet a donné l’exemple du projet de loi sur les mines pour lequel elle a réussi à conclure une entente avec la CAQ afin de l’adopter.

«On pouvait s’entendre avec la CAQ, moi je l’ai fait avec la loi sur les mines», a-t-elle dit.

Selon Mme Ouellet, un des résultats des positions du PQ sur la laïcité a été l’éloignement des jeunes.

«On ne pouvait pas le prévoir au début, mais les jeunes ont débarqué et ça, je pense que c’est un résultat qui n’est pas souhaitable», a-t-elle dit.

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