Élections fédérales: Couillard veut que les chefs se mouillent sur le Québec

SHAWINIGAN, Qc – Contrairement à sa voisine de l’Ontario, Kathleen Wynne, le premier ministre Philippe Couillard refuse de prendre une part active dans la présente campagne électorale fédérale.

Il ne l’a pas fait jusqu’à maintenant, et ne le fera pas davantage d’ici le 19 octobre.

Tout au plus, M. Couillard va se contenter d’expédier à tous les chefs d’un parti fédéral la traditionnelle «liste d’épicerie» contenant les revendications du Québec dans ses relations avec Ottawa sur divers enjeux. La plupart de ces revendications reviennent d’un scrutin à l’autre.

M. Couillard a envoyé sa liste dimanche et il a dit s’attendre à ce que les leaders politiques du Canada indiquent clairement dans les prochaines semaines «comment ils voient le Québec dans le Canada».

Il ne s’attend cependant pas à ce qu’ils abordent la délicate question constitutionnelle.

En conférence de presse, en marge du congrès de l’aile jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ), tenu à Shawinigan tout le week-end, M. Couillard a dit miser sur «la collaboration» et le «partenariat» avec ses homologues des autres provinces et d’Ottawa, plutôt que «l’isolement et le repli sur soi proposés par le Parti québécois».

«Je n’ai pas l’intention d’entreprendre de dialogue ou de débat avec les chefs fédéraux par médias interposés», a-t-il tranché.

Il a rappelé par ailleurs que la «reconnaissance formelle» de la spécificité du Québec au sein du Canada «est toujours attendue», depuis que la Constitution a été amendée et rapatriée sans son consentement en 1982.

«Sur le concept de société distincte, le Québec a fait des progrès depuis l’échec de (l’accord du lac) Meech, notamment par une suite de décisions de la Cour suprême», a-t-il fait valoir, pour illustrer que la situation actuelle n’était quand même pas dramatique.

Quant à savoir de quelle façon la population serait consultée, lors d’une éventuelle entente constitutionnelle sur le statut du Québec, M. Couillard a dit que «c’est clair que le peuple a son mot à dire», sans préciser davantage.

Dans sa lettre aux chefs politiques, M. Couillard écrit notamment que Québec veut obtenir d’Ottawa davantage d’argent en provenance du Transfert canadien en matière de santé et la levée du plafond des paiements de péréquation.

Comme ses prédécesseurs, M. Couillard veut restreindre le pouvoir d’Ottawa de dépenser dans les champs de compétence du Québec et revendique le droit de se retirer avec pleine compensation financière de toute mesure fédérale dans un de ses champs de compétence.

Québec veut qu’Ottawa injecte plus de fonds dans ses infrastructures.

Le gouvernement veut aussi avoir son mot à dire dans la nomination des juges du Québec à la Cour suprême, et veut des juges bilingues.

Dans le dossier de la lutte aux changements climatiques, Québec veut que soient reconnues les actions des États fédérés, dont il fait partie.

Québec demande également à Ottawa de rétablir le financement de Radio-Canada.

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