«En français»: PKP critiqué pour son intervention dans un festival de musique

QUÉBEC – Le candidat à la direction du Parti québécois Pierre Karl Péladeau a essuyé les critiques des libéraux et des caquistes, mardi, concernant une intervention pour exiger qu’un groupe de musique chante en français, dans un festival commandité par l’entreprise dont il est actionnaire de contrôle.

La ministre de la Culture et responsable de la Charte de la langue française, Hélène David, a affirmé que l’intervention de M. Péladeau, qui a apostrophé la chanteuse d’un groupe, en Abitibi-Témiscamingue la semaine dernière, était inappropriée.

Selon Mme David, cette déclaration est d’autant plus malheureuse que la conjointe de M. Péladeau, Julie Snyder, est amie avec la chanteuse Céline Dion, qui elle-même chante en anglais.

«C’est une déclaration que je trouve nettement malheureuse», a-t-elle dit dans un échange avec la presse parlementaire.

«Mme Dion, qui est quand même assez proche de Mme Snyder, chante beaucoup en anglais et je n’ai jamais entendu de critiques par rapport à ça.»

Mme David a affirmé que des membres de groupes qui chantent en anglais parlent également français.

«Je trouve ça un peu malheureux parce qu’on a des groupes, Arcade Fire, qui peuvent chanter en anglais, faire connaître ce qu’on a de meilleur à offrir, a-t-elle dit. Ils chantent et parlent français aussi.»

Le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue est coprésenté par Québecor, qui commandite l’événement depuis quelques années. M. Péladeau est actionnaire de contrôle de Québecor.

En juillet dernier, dans un communiqué, Québecor s’est engagé à soutenir le festival avec une campagne promotionnelle à travers ses différentes plateformes, en plus d’apporter un soutien financier à l’événement. L’entreprise a également présenté les «5 à 7 Québecor» où une quinzaine de spectacles gratuits étaient offerts au centre-ville de Rouyn-Noranda.

Le porte-parole de M. Péladeau, Marc-André De Blois, n’a pas été en mesure de dire si le député péquiste était au courant du statut de commanditaire de Québecor lors de son passage fin janvier dans la capitale régionale.

Malgré des demandes d’entrevues, il a été impossible de parler à des représentants de Québecor ou du festival pour connaître les détails de ce partenariat.

Le premier ministre Philippe Couillard a pour sa part laissé entendre que pour être cohérent avec ses propos, M. Péladeau devrait s’assurer que les filiales de son conglomérat médiatiques font une place exclusive au français.

M. Couillard a cité l’émission «La Voix», présentée par le réseau de télévision TVA, ainsi que le futur amphithéâtre de Québec, où Québecor présentera des spectacles à titre de gestionnaire de l’édifice.

«J’espère que l’actionnaire de contrôle de Québecor va maintenant s’assurer que La Voix ne présente que des chansons en français et la même chose pour son amphithéâtre tout près d’ici», a-t-il dit.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, s’est inquiété des propos de M. Péladeau, dont l’attaché de presse a mis l’intervention sur le compte de la fatigue, le soir du 29 janvier, au Festival de musique émergente de Rouyn-Noranda.

Selon M. Legault, il serait impossible d’interdire aux groupes de chanter en anglais, même s’il souhaite que le plus grand nombre s’expriment en français.

«On m’a dit qu’il était fatigué, a-t-il dit. C’est inquiétant de voir quelqu’un qui est fatigué. C’est inquiétant parce qu’on souhaite tous qu’il y ait plus de français au Québec, que plus de groupes chantent en français, c’est souhaitable, on devrait même les encourager. Mais on ne peut pas interdire à des groupes de chanter en anglais.»

M. Péladeau a expliqué dans une entrevue, lundi, qu’il avait réclamé «une toune en français», après avoir réalisé que la chanteuse du groupe, qui venait d’enchaîner cinq titres en anglais, était francophone.

L’aspirant chef et député péquiste effectuait alors une étape à Rouyn-Noranda dans le cadre d’une tournée régionale.

Laisser un commentaire
Les plus populaires