Énergie Est: pas une valeur économique importante, dit Philippe Couillard

NEW YORK, États-Unis – Le projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada (TSX:TRP) ne semble pas représenter une grande valeur économique aux yeux du premier ministre Philippe Couillard.

Dans une entrevue à l’agence Associated Press, mardi à New York, M. Couillard a indiqué qu’il n’y voyait pas beaucoup d’avantages pour le Québec si la province n’est qu’un «lieu de passage» pour la canalisation de quelque 4600 kilomètres.

Après avoir abandonné son projet de terminal pétrolier à Cacouna en avril dernier, TransCanada évalue d’autres sites au Québec. La société albertaine a toutefois affirmé qu’Énergie Est est tout à fait envisageable avec un seul terminal à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Évalué à 12 milliards $, le tracé initial du projet prévoyait le transport quotidien d’environ 1,1 million de barils de pétrole albertain vers le Québec et le Nouveau-Brunswick.

L’assurance de retombées économiques et fiscales pour tout le Québec — notamment en matière de création d’emplois — figurait pourtant parmi les sept conditions établies par le gouvernement Couillard en échange de son appui à Énergie Est.

Le Canada est à la recherche de façons pour exporter son pétrole issu des sables bitumineux, mais l’administration Obama tarde à trancher sur Keystone XL, qui doit transporter du brut de l’Alberta jusqu’au Texas.

Les sables bitumineux albertains représentent la troisième plus importante réserve mondiale, mais les écologistes s’opposent aux projets d’oléoducs, notamment en raison des risques potentiels de fuites.

Le transport ferroviaire demeure une option, mais «malheureusement, nous avons constaté au Québec qu’il ne s’agissait pas du moyen le plus sécuritaire», a expliqué M. Couillard à l’Associated Press, faisant référence au déraillement meurtrier ayant fait 47 victimes à Lac-Mégantic en 2013.

«Je préfère un monde sans hydrocarbures, seulement électrique, vous savez», a affirmé le premier ministre.

De passage à Montréal plus tôt ce mois-ci, le président et chef de la direction de TransCanada, Russ Girling, avait affirmé que les retombées économiques d’Énergie Est seraient au rendez-vous pour la province, et ce, avec ou sans port pétrolier au Québec.

Il avait affirmé que la société allait notamment dépenser plus de 4 milliards $ pour la construction de l’oléoduc, ce qui génèrera des retombées pour le Québec.

Pour l’instant, le patron de TransCanada ne veut pas dire quand l’entreprise prendra la décision de construire ou non un port pétrolier au Québec, réitérant que le processus d’évaluation suivait son cours.

M. Couillard était à New York afin de présenter à des investisseurs potentiels les prochaines étapes du Plan Nord. Il n’a pas effectué d’annonces, mais a affirmé avoir suscité l’intérêt des gens d’affaires.