F-35: le gouvernement doit éviter de sauver la face à tout prix, dit un expert

OTTAWA – Un comité indépendant qui a examiné les solutions de rechange aux chasseurs furtifs F-35 devrait présenter jeudi un aperçu de son évaluation menée sur 18 mois, mais la décision du gouvernement sur le maintien de ce programme controversé est toujours en attente.

Avant que la décision soit prise, des experts militaires espèrent que le gouvernement Harper prendra en considération les implications plus larges de ce programme sur le budget général de la Défense et évitera d’avoir recours à des manoeuvres politiques pour sauver la face.

Le rapport du comité, une analyse des principales réponses aux critiques du programme émises par le vérificateur général en 2012, ne devrait pas faire de recommandations au cabinet. Il comparera plutôt les coûts et les capacités de chacun des quatre avions concurrents en fonction de ce que le Canada attend de ses avions de guerre.

Il reviendra aux hauts responsables et aux ministres de recommander la voie à suivre au cabinet, une chose qui n’a pas encore été faite, ont indiqué plusieurs sources mercredi.

Le programme des F-35 a été suspendu dans les mois ayant suivi la publication du rapport du vérificateur général Michael Ferguson, qui accusait la Défense nationale et le ministère des Travaux publics de minimiser le coût global des appareils et de ne pas avoir fait leur travail.

Le premier ministre Stephen Harper a déclaré aux Communes, mercredi, qu’aucune décision n’avait été prise, et que la direction que le gouvernement prendrait serait «dans le meilleur intérêt à long terme» de l’armée.

Mais Dave Perry, chercheur à la Conférence des associations de la Défense, affirme que la décision est déjà politiquement chargée. Selon lui, le gouvernement n’a pas montré jusqu’à maintenant qu’il considère le portrait global de la situation.

Le gouvernement procède par ailleurs à une révision de sa politique de défense parce que la précédente — qui remonte à 2008 — est aujourd’hui considérée trop coûteuse.

Il serait donc inopportun que la décision sur les avions chasseurs soit prise avant que la nouvelle politique soit finalisée, a estimé M. Perry.

«J’espère que peu importe la décision que le gouvernement prendra, elle sera prise dans le contexte de la stratégie générale de défense», a-t-il affirmé.

«Il y a des pressions sur toutes les composantes. Chaque projet est en concurrence avec les autres pour des ressources limitées.»

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