Le petit Alan, son frère et sa mère ont été portés à leur dernier repos en Syrie

KUCUK KENDIRLI, Turquie – Le père syrien qui a été le seul survivant du naufrage d’un bateau transportant des migrants plus tôt cette semaine entre la Turquie et la Grèce est rentré dans son pays, vendredi, avec les dépouilles de sa femme et de ses deux fils afin de les inhumer dans leur ville de Kobané.

L’un des malheureux est Alan, le petit garçon de 3 ans qui a été photographié gisant face contre sable sur une plage de la Turquie après avoir été poussé par les vagues. Cette photographie a fait le tour du monde, suscitant l’indignation internationale.

Un convoi accompagnant le père éploré, Abdullah Kurdi, et les dépouilles s’est d’abord rendu à Suruç, dans l’extrême sud de la Turquie, tout près de la frontière avec la Syrie, pour ensuite la traverser et arriver à Kobané, située tout près de là.

Des représentants du gouvernement turc ont accompagné le convoi jusqu’à Kobané, mais les journalistes ont dû en descendre environ trois kilomètres avant qu’il n’y arrive.

La soeur d’Abdullah Kurdi, qui vit en Colombie-Britannique, a expliqué jeudi que la famille désirait venir au Canada. M. Kurdi n’avait pas encore fait de demande officielle. Une demande avait été transmise pour un autre parent, l’oncle du garçon, mais avait été rejetée par les autorités canadiennes.

Après l’enterrement de sa femme et de ses deux fils, Abdullah Kurdi a déclaré qu’il avait totalement abandonné l’idée de quitter la Syrie. «Il voulait seulement se rendre en Europe pour le bien de ses enfants», a expliqué l’un de ses oncles, Suleiman Kurdi. «Maintenant qu’ils sont morts, il veut rester près d’eux, ici, à Kobané.»

Alan Kurdi, 3 ans, son frère Ghalib, 5 ans, ainsi que leur mère Rehan ont été enterrés dans le cimetière des Martyrs de Kobané près de 48 heures après avoir été retrouvés morts sur une plage turque, mercredi.

Douze migrants se sont noyés ce jour-là sur les côtes de Bodrum, dans le sud-ouest de la Turquie. La traversée jusqu’à Kos, sur une île grecque voisine, est l’une des plus courtes entre les deux pays, mais elle demeure dangereuse.

Des centaines de personnes tentent la traversée entre Bodrum et Kos chaque jour, malgré les risques bien connus.

Abdullah Kurdi a raconté que le bateau surchargé dans lequel il a pris place avec sa famille a chaviré quelques instants après que tous les passagers se sont levés. Le capitaine, qu’il a décrit comme un homme turc, a paniqué et a abandonné la petite embarcation.