Femmes autochtones: l’enquête doit être clairement définie, selon un procureur

OTTAWA – Un ancien procureur général de la Colombie-Britannique qui avait mené une commission d’enquête sur les femmes portées disparues dans la province conseille aux libéraux qui ont promis de lancer une enquête sur les femmes disparues ou assassinées de donner le bon ton et de définir clairement son mandat dès le début.

Wally Opal a dirigé les audiences de la commission et a publié un rapport en 2012 qui portait sur le travail des autorités dans les cas de femmes disparues et assassinées, à la suite de l’affaire Robert Pickton. Pickton, un meurtrier en série, a été condamné en 2007 pour la mort de six femmes et était accusé pour le décès de 20 autres.

Me Oppal a affirmé que le prochain gouvernement libéral devrait définir dès le début le type d’enquête qu’il veut mener pour s’assurer qu’elle sera proactive de nature.

Selon lui, les libéraux n’auront pas à s’inspirer de l’enquête en Colombie-Britannique, lors de laquelle les policiers étaient contre-interrogés de façon «interminable» puisque sa tâche principale était d’évaluer ce que les agents avaient mal fait au moment où Pickton faisait des ravages.

Me Oppal croit plutôt que le gouvernement devrait se rendre dans les réserves et dans leurs centres communautaires pour entendre les voix des autochtones et «les avoir de leur côté».

Il suggère aussi aux libéraux d’aller consulter les études effectuées précédemment sur le sujet pour ne pas perdre du temps avec des questions qui ont déjà été explorées.

Dans sa plateforme électorale, le Parti libéral du Canada s’est engagé à lancer «immédiatement» une commission d’enquête publique sur les femmes autochtones disparues ou assassinées au pays.

Le parti souhaite ainsi que la commission rédige des recommandations pour les gouvernements et les forces de l’ordre, notamment, pour «résoudre ces crimes et prévenir les prochains».

Le projet est évalué à 40 millions $ sur deux ans, de l’argent qui devra être dépensé judicieusement, selon Me Oppal.

«On ne pourrait pas avoir le type d’enquête que nous avons eue avec des témoins appelés, contre-interrogés pour 40 millions $ à travers le pays. Au moment où l’enquête nationale sera annoncée, les avocats vont se bousculer aux portes. On doit faire attention à la façon dont l’argent sera dépensé», a-t-il expliqué.