Interpellations et arrestations marquent l’un des deux rassemblements à Montréal

MONTRÉAL – La Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) avait prévu jouer au chat et à la souris avec les policiers pour s’assurer que la manifestation de la Journée internationale des travailleurs puisse avoir lieu, mais rien n’y fit: le SPVM a encerclé les manifestants à peine une minute après le départ de ce qui devait être le cortège principal.

Le centre-ville de Montréal a été le théâtre de deux manifestations et de quelques rassemblements marginaux, jeudi soir.

Au total, les policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont mis à l’amende 132 personnes pour contravention au règlement municipal P-6 en plus de procéder à cinq arrestations en vertu du Code criminel, selon le sergent Laurent Gingras.

Le porte-parole du SPVM a ajouté que quatre manifestants avaient été transportés à l’hôpital, un en raison de palpitations, un pour hyperventilation, un pour des coupures au visage et un dernier, en raison de faiblesse et de nausées.

La marche principale réunissant organisations syndicales, regroupements étudiants et autres groupes sociaux, qui s’est mise en branle devant le bureau du premier ministre du Québec, rue McGill College, s’est déroulée sans encombres.

L’autre, celle de la CLAC — qui avait été déclarée illégale avant même de commencer — a mené à plusieurs interpellations en vertu des dispositions du règlement P-6. Celui-ci stipule qu’il est obligatoire de fournir le lieu exact et l’itinéraire d’une manifestation aux autorités policières avant la tenue de celle-ci.

Ainsi, dans l’espoir de contrer toute action policière, le groupe militant avait élaboré un plan de match en identifiant notamment des points de ralliement à divers endroits du centre-ville au cas où la manifestation devait être dispersée au point de départ ou en cours de route.

Il prévoyait aussi qu’une sirène serait actionnée dans l’éventualité où les forces policières s’apprêtaient à effectuer une opération d’encerclement. La sirène n’a jamais retenti. À partir du parc des Faubourgs, qui avait été identifié comme lieu de départ par la CLAC, les marcheurs ont parcouru une centaine de mètres avant d’être pris au piège.

À l’intérieur de la souricière, l’ambiance était bon enfant. Un jeune homme circulait au milieu du groupe en recueillant les coordonnées de ses camarades d’infortune dans l’objectif de contester collectivement l’amende de 638 $ qu’ils s’apprêtaient à recevoir.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a tué dans l’oeuf les dernières marches de ce type — la dernière en lice étant celle du Collectif opposé à la brutalité policière, le 15 mars dernier, qui a duré à peine quelques minutes et qui s’est soldée par l’interpellation de près de 300 personnes.

Selon la coporte-parole de la CLAC, Catherine Tremblay, force est de constater que la stratégie de «répression» du SPVM a un effet dissuasif sur la mobilisation des troupes.

«Ce que le règlement P-6 fait actuellement, dans la pratique, c’est mettre fin au droit de manifester. Donc oui, on essaie de déployer des stratégies pour permettre aux gens d’exprimer leurs opinions politiques et de prendre la rue», a-t-elle dénoncé avant le début de la manifestation.

Selon le SPVM, les policiers ont plus tard interpellé quatre autres groupes ayant marché sur la voie publique malgré l’interdiction. Il semble donc que les manifestants avaient prévu frapper à différents endroits de la métropole, ou encore qu’ils adaptaient leur stratégie au fur et à mesure du déroulement des événements.

«Ce n’est pas la première fois qu’ils nous font ça. Ils utilisent les médias sociaux pour se donner des points de ralliement, et il se formait des groupuscules comme ça. Ça a fait en sorte qu’on a fait cinq arrestations de groupuscules au lieu d’une», a le lieutenant Lafrenière, porte-parole du SPVM.

À un certain moment, l’un de ces groupuscules a tenté de s’infiltrer dans la manifestation de travailleurs qui se déroulait dans la légalité, mais sans succès.

«Ils n’ont pas été les bienvenus. Par la suite, ils sont revenus, ils ont marché seuls, et c’est à ce moment qu’on les a interpellés, près du Palais des congrès», a signalé le lieutenantLafrenière.

La Journée internationale des travailleurs commémore chaque 1er mai les luttes ouvrières apparues à la fin du 19e siècle aux États-Unis. Dans plusieurs pays, cette journée est fériée.