Ford se serait envolé pour Chicago après avoir annoncé son retrait temporaire

TORONTO – Le maire de Toronto, Rob Ford, a quitté son domicile, jeudi, sans parler aux médias, quelques heures après avoir annoncé qu’il prenait une pause pour obtenir de l’aide concernant ses problèmes d’alcool et de consommation de drogues.

L’avocat du maire Ford, Dennis Morris, a affirmé à La Presse Canadienne que M. Ford s’était envolé pour Chicago, mais celui-ci n’est enregistré dans aucun programme dans cette ville. Me Morris n’a pas voulu dire si M. Ford s’était inscrit ailleurs dans un programme de désintoxication.

Le réseau anglais de Radio-Canada a cité le conseiller Doug Ford disant que son frère passerait 30 jours dans un établissement de réadaptation non spécifié, mais Me Morris a affirmé que le maire demeurerait au sein d’un programme indépendamment du temps requis.

«Il est un homme brisé. Il a beaucoup de démons, a dit Me Morris. Il prend conscience qu’il n’est pas bien et a besoin d’aide.»

M. Ford semble avoir été poussé dans ses derniers retranchements par de nouvelles révélations. En outre, une vidéo qui aurait été enregistrée samedi dernier, dans le sous-sol de la maison de sa soeur, montre le maire fumant ce qui semble être du crack. C’est un trafiquant de drogue qui aurait montré la vidéo au Globe and Mail.

Le maire a indiqué mercredi soir qu’il solliciterait de l’«aide immédiate». On ignorait où M. Ford se dirigeait, jeudi, à la sortie de sa maison dans l’ouest de la ville de Toronto, accompagné d’un autre véhicule.

M. Ford avait obstinément refusé de se retirer, et persistait à dire depuis des mois qu’il n’était pas dépendant à l’alcool ou à certaines drogues. Mais dans un communiqué transmis tard mercredi, il admet qu’il a «un problème avec l’alcool, et avec les décisions prises avec les facultés affaiblies».

Malgré l’annonce de son congé personnel qui le tiendra à l’écart de la mairie et de sa campagne à sa réélection, M. Ford demeure vraisemblablement dans la course en vue des élections municipales du 27 octobre.

«J’ai tenté de régler moi-même ces problèmes au cours de la dernière année. Je sais que j’ai besoin d’aide professionnelle, et je suis désormais investi à 100 pour cent dans le désir de régler mes problèmes», a-t-il exprimé.

Le directeur des communications de la Ville de Toronto, Jackie DeSouza, a confirmé jeudi que M. Ford avait écrit au secrétaire municipal concernant ce congé personnel, mais sans donner de détails sur la durée possible de ce retrait de la vie publique.

Le maire adjoint, Norm Kelly, se retrouve ainsi consolidé dans ses fonctions de maire, qu’il assurait déjà à toutes fins pratiques depuis la décision par le conseil l’an dernier de retirer la plupart de ses pouvoirs au maire Ford.

M. Kelly, qui a qualifié d’«inexcusables» les agissements de M. Ford, a dit y voir un «drame personnel» et non une «crise de gouvernance» à Toronto. Il a aussi dit s’attendre à ce que M. Ford revienne au conseil municipal.

La principale rivale de M. Ford dans la campagne à la mairie de Toronto, Olivia Chow, a affirmé que le comportement du maire représentait une source d’humiliation pour la ville à l’international. «Il est clair que M. Ford est malade. En tant que maire, néanmoins, il a eu sa chance», a-t-elle soutenu jeudi matin.

Le frère de Rob Ford et conseiller municipal, Doug Ford, a parlé avec émotion, jeudi, de l’un des jours les plus difficiles de sa vie, et a fait valoir qu’il n’était pas facile pour quelqu’un de se résigner à demander de l’aide pour régler ses problèmes.

Outre la vidéo consultée par le Globe and Mail, le Toronto Star a publié cette semaine les détails de «deux soirs de débauches» impliquant le maire Ford dans un bar de Toronto, il y a quelques semaines.

À un certain moment, M. Ford serait venu près d’une altercation avec la vedette pop Justin Bieber, qui aurait demandé à la blague au maire s’il avait du crack sur lui, indique le journal.