Fouille à nu: l’adolescente doit changer d’école secondaire, tranche un juge

MONTRÉAL – L’avocat de l’adolescente suspendue d’une école secondaire de Québec à la suite d’une fouille à nu a déclaré lundi que sa tentative de retourner en classe avait échoué.

La jeune fille avait fait une demande d’ordonnance en injonction provisoire en vue de pouvoir retourner à l’École secondaire de Neufchâtel pour terminer son année scolaire. Elle en a été suspendue le 12 février dernier après avoir été forcée de se dévêtir par la direction, qui la soupçonnait de vendre de la drogue dans l’établissement.

Son avocat, François-David Bernier, a affirmé lundi que le juge Bernard Godbout de la Cour supérieure avait rejeté la demande de l’élève de 15 ans. «Le juge a dit que dans l’urgence, ce n’était pas dans son intérêt de retourner à son ancienne l’école», a-t-il précisé à La Presse Canadienne.

Me Bernier a souligné que l’adolescente et sa famille étaient «évidemment très déçues», mais qu’ils allaient laisser tomber la demande d’injonction d’urgence et respecter le jugement de la Cour.

Il a ajouté que la jeune fille fréquenterait une école pour jeunes en difficulté d’apprentissage pour terminer son année scolaire, comme proposé par la commission scolaire. «Ce n’est pas ce qu’elle voulait, a précisé l’avocat. Sa famille la surveillera de près pour s’assurer qu’elle ne décroche pas.»

La Commission scolaire de la Capitale, dans laquelle se trouve l’École secondaire de Neufchâtel, est «très satisfaite» de la décision du juge Bernard, a-t-elle fait savoir dans un communiqué. Elle assure qu’elle «mettra rapidement en place les dispositions nécessaires pour soutenir l’élève dans la poursuite de son cheminement scolaire».

Le mois dernier, la Commission scolaire a assuré que l’école avait respecté les règles gouvernementales adoptées en 2010 au moment de la fouille, et que seuls les vêtements de la jeune fille avaient été fouillés, et non la jeune fille elle-même. Elle s’est déshabillée derrière un rideau et il n’y a eu aucun contact physique, ni contact visuel. Aucune drogue n’a été trouvé dans ses vêtements.

Selon Me François-David Bernier, l’établissement scolaire est tout de même allé trop loin.

L’avocat a aussi fait une demande de révision administrative de la décision de la commission scolaire d’expulser la jeune fille de son école. «Nous aurons des nouvelles plus tard» à ce sujet, a-t-il dit lundi.

Mi-février, le ministre de l’Éducation d’alors, Yves Bolduc, a soulevé la colère de plusieurs citoyens et élus quand il a déclaré que la fouille à nu dans les écoles devait être permise à condition «que ça soit très respectueux».

Rapidement, le premier ministre Philippe Couillard a plutôt affirmé qu’il n’était «pas question» que les fouilles à nu soient permises dans les écoles, «sauf dans les cas extrêmes justifiés par les forces policières».

Le gouvernement provincial a ordonné la tenue d’une enquête indépendante sur les cas de fouilles à nu d’élèves. Le rapport de l’experte nommée par le ministère de l’Éducation, l’avocate à la retraite Fabienne Bouchard, est attendu le 27 mars.

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