Frais médicaux accessoires: l’AMQ propose des solutions de rechange

MONTRÉAL – Plutôt que d’encadrer les frais médicaux accessoires qui sont chargés en cabinet privé, le gouvernement du Québec devrait s’attaquer aux examens faits inutilement et aux traitements excessifs, estime l’Association médicale du Québec.

L’AMQ a fait cette sortie, jeudi, alors que le ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette a prévenu qu’il légiférerait sur cette question des frais accessoires. Il s’agit de frais que les médecins peuvent exiger aux patients pour des soins ou examens pratiqués en cabinet privé.

Le ministre veut légiférer pour encadrer cette pratique afin d’éviter les abus, les frais trop élevés par exemple. Mais en encadrant ces frais, il se trouvera à en reconnaître la légitimité et ceux-ci pourront alors être généralisés, déplore l’Association médicale du Québec.

Or, rappelle l’AMQ, la Loi canadienne sur la santé exige l’universalité et la gratuité des soins médicalement requis. Le fédéral pourrait donc réduire les paiements de transfert en santé versés au Québec si la province permet que les patients soient facturés pour des soins et services censés être gratuits.

L’AMQ invite donc le ministre de la Santé à encadrer plutôt les examens annuels prescrits inutilement, les antibiotiques prescrits inutilement et d’autres traitements prescrits de façon excessive. Selon certaines évaluations, les autorités pourraient ainsi récupérer entre 3 et 5 milliards $, soit bien plus que le coût des frais accessoires, évalués à 50 millions $, a fait valoir en entrevue la présidente de l’AMQ, la docteure Yun Jen.