Gestion scolaire: mettez le projet de loi à la poubelle, disent des anglophones

MONTRÉAL – Des représentants de la communauté anglophone se disent prêts à contester devant les tribunaux le projet de loi 86 qui abroge les élections scolaires et remplace les conseils des commissaires par des conseils scolaires.

Au cours d’une rencontre avec la presse, mercredi à Montréal, certains de leurs représentants ont affirmé que le projet de loi bafoue les droits de la communauté anglophone, leur enlève le droit de gérer leurs institutions et doit être jeté à la poubelle.

«J’ai lu le projet de loi 86 et je crois qu’il mérite la poubelle. Il tourne en ridicule les droits constitutionnels des communautés anglophones minoritaires, notre droit de contrôler et de gérer l’éducation au sein de notre communauté», a tonné l’ancienne députée libérale fédérale Marlene Jennings.

En fait, le projet de loi 86 abroge les élections scolaires et remplace le conseil des commissaires par un conseil scolaire formé de parents, de membres du personnel de la commission scolaire et de personnes de la communauté.

Mais les représentants des organisations présentes à la rencontre, comme l’Association des comités de parents anglophones, le Québec Community Groups Network, l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec et la Fédération québécoise des associations foyers-écoles, dénoncent le fait que la communauté n’a pas été consultée. Ils craignent de perdre dans les faits le contrôle de la gestion de leurs institutions parce qu’ils ne seront plus élus par l’ensemble de la communauté.

Participant à la conférence, Victor Goldbloom, un ancien commissaire aux langues officielles du Canada, a affirmé que le droit de gérer ses institutions scolaires, qui est reconnu par les autorités, inclut le droit de choisir les représentants qui géreront ces institutions.

«À mes yeux donc, le droit à la gestion scolaire est fondamental et ce qui est implicite dans la reconnaissance de ce droit, c’est l’établissement ou le maintien d’un mécanisme satisfaisant pour le choix des gestionnaires qui assumeront cette responsabilité», a commenté M. Goldbloom.

Les représentants de la communauté anglophone qui ont pris la parole tissent également un lien entre le succès des élèves anglophones et le fait que ce soit des institutions scolaires gérées par des anglophones élus qui veillent à ce succès.

«Les écoles anglaises au Québec sont un succès. On a un taux de graduation de 85 pour cent. Si ce n’est pas le meilleur taux au Canada, c’est parmi les meilleurs taux de diplomation au Canada. Donc, ça veut dire que la façon dont notre système de gouvernance scolaire fonctionne pour la minorité linguistique anglophone au Québec, c’est un succès, ça fonctionne bien», a plaidé Mme Jennings.

Elle s’est dite prête à pousser la contestation devant les tribunaux. «Je ne peux parler que pour moi, mais je souhaite que si le ministre et le gouvernement vont de l’avant avec le projet de loi 86 tel qu’il est formulé actuellement, qui bafoue nos droits constitutionnels, que notre communauté mette ses pantalons et conteste devant les cours. Et je serai prête à donner de l’argent pour ça.»

Et d’autres dans la salle hochaient la tête en signe d’approbation.