Gilbert Paquette critique la stratégie souverainiste de former un bon gouvernement

MONTRÉAL – Il ne faut surtout pas remettre en question l’objectif du Parti québécois de faire la souveraineté du Québec, parce que c’est plutôt la stratégie utilisée par cette formation politique depuis le référendum de 1995 qui est à l’origine de la démobilisation.

C’est ce que croit le président du Conseil de la souveraineté du Québec, l’ancien ministre du cabinet de René Lévesque, Gilbert Paquette.

Selon lui, il est temps de trouver une autre approche que celle de se faire élire comme un «bon gouvernement». Et Gilbert Paquette prévient que ce n’est pas un simple changement de chef au PQ qui fera sortir la souveraineté du «cul-de-sac» dans lequel elle se trouve. «Quant on est dans un cul-de-sac, on ne se demande pas s’il faut un autre conducteur pour foncer dans le mur. On trouve d’abord un autre chemin», précise M. Paquette.

Selon lui, la stratégie d’opérer un «bon gouvernement» en attendant les «conditions gagnantes» pour tenir un référendum a carrément été rejetée par la population, parce qu’elle est «passive, défensive, et en même temps déstabilisante».

Gilbert Paquette affirme qu’en essayant de «façon pathétique» de reporter la discussion sur l’avenir du Québec hors de la période électorale, on laisse aux adversaires toute la place pour dénaturer le projet d’indépendance, pour le limiter à «l’épouvantail» du référendum. Il se demande combien de fois les souverainistes vont répéter ce scénario «débilitant».

Ce qui a été rejeté, selon lui, ce n’est pas l’indépendance puisqu’elle n’a pas vraiment été défendue, et surtout, parce qu’on ne l’a pas préparée depuis près de 20 ans. Gilbert Paquette ajoute que la jeune génération, en particulier, n’a jamais entendu parler de ce projet emballant d’émancipation nationale. Il souligne que, malgré tout, l’appui à l’indépendance reste étonnamment solide, autour de 40 pour cent.

Le président du Conseil de la souveraineté du Québec déclare qu’au cours des 4 prochaines années, il faudra travailler sur une nouvelle approche comme celle fondée sur la «souveraineté populaire», précisant que les partis politiques n’en sont que les instruments.

Gilbert Paquette estime que la création du Parti québécois a été le résultat d’un mouvement populaire profond, mais qu’avec le temps, l’indépendance s’est instrumentalisée, menée par une classe politique bien intentionnée, mais en partie déconnectée d’une partie de la population.

Il soutient qu’il faut un changement de cap, soit «départisaniser» la démarche vers l’indépendance par sa prise en charge, par la société civile, sur la base de la souveraineté populaire.

Selon M. Paquette, outre le renforcement du mouvement indépendantiste, la convergence des partis souverainistes doit également être à l’ordre du jour, car il faudra que la prochaine élection «ramène» une majorité d’indépendantistes à l’Assemblée nationale. Il insiste sur le fait de former une large coalition en faveur de l’indépendance, de la gauche à la droite, quelles que soient les allégeances partisanes, les classes sociales ou l’origine ethnoculturelle des citoyens. Cette diversité, ajoute-t-il, appelle à une coalition de tous les partis et des mouvements nationalistes, sociaux, écologistes, féministes et économiques. «C’est à cette condition que l’indépendance se fera», conclut-il.

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Bonjour à tous,

Je trouve un peu courte l’explication voulant faire comprendre la dernière défaite électorale du parti québécois par la question référendaire. Cela occulte grandement le rôle du chef péquiste face à ses obligations de leadership et de clarté surtout.

Plus que tout autre facteur, il faut selon moi amener celui de l’incompréhensible abandon de la promotion de la souveraineté suite au référendum de 1995. La clé de la situation actuelle s’y trouve. Comment expliquer qu’après s’être rendu si près de la victoire, le parti semble s’être écrasé. Il me semble que tout autre parti aurait affirmé: Il ne nous reste qu’à nous rouler les manches une dernière fois et puis la victoire sera à nous !!!!

Le PQ a ni plus ni moins perdu près de 20 années d’éducation populaire !!!

Lorsqu’un parti comme le PQ avec son article Un vise à atteindre un idéal national aussi élevé, il ne peut en aucun moment montrer la moindre hésitation face à ses propres convictions.

Madame Marois durant toute sa carrière a démontré une grande flexibilité et une grande capacité de consensus. Un consensus peut apparaitre lorsque des demi-mesures peuvent faire l’affaire. Mais … peut-on faire un demi-pays …

Une seule méthode jusqu’à ce jour a donné un très bon résultat, et c’est celle de Monsieur Parizeau. Alors pourquoi vouloir réinventer la roue …

Si le PQ tient toujours à son pays, il doit très rapidement demander à toutes les personnes de l’entourage directe de Madame Marois de se retirer immédiatement des affaires internes, et surtout des décisions stratégiques.

J’ose croire que maintenant que l’on peut comparer clairement les résulats électoraux entre les consensuels et les orthodoxes, soit entre l’approche des Lévesque/Johnson/Boisclair/Marois d’avec celle de Monsieur Parizeau, il ne fait plus de doute sur l’option à prendre.

Mon équipe de rêve: Monsieur Péladeau comme chef, Monsieur Lisée comme conseiller et seulement conseiller.

Bien à tous et vive les idées claires !!!

Stéphane Bélanger
Lévis