Groupe armé État islamique: l’OTAN doit accroître ses efforts, croit un général

HALIFAX – Les stratégies pour combattre le groupe armé État islamique devront être plus performantes à la lumière des récentes attaques perpétrées à Paris, croit un haut fonctionnaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN).

Dans une entrevue réalisée vendredi au Forum sur la sécurité internationale d’Halifax, le général d’armée Petr Pavel explique que les réponses servies aux djihadistes devront être plus efficaces à l’avenir.

«Selon moi, nous avons besoin d’une approche plus large (…) en unissant tous les outils nécessaires pour combattre l’État islamique de manière efficace», fait valoir M. Pavel, qui préside le comité militaire de l’OTAN.

Il estime que les mesures adoptées contre les terroristes ne doivent pas uniquement être de nature militaire. Une meilleure collaboration doit également être développée entre les différentes organisations qui combattent les extrémistes, ce qui permettrait notamment de s’attaquer au financement et au ravitaillement du groupe armé.

Dans la foulée des attaques sanglantes de Paris, des efforts ont été consentis pour améliorer le partage d’informations obtenues par les services de renseignement nationaux, notamment entre les États-Unis et la France, révèle M. Pavel.

«Je crois que beaucoup plus d’attention doit être portée à cet aspect parce qu’étonnamment peu de pays partagent leurs renseignements sur les terroristes, explique-t-il. Ce domaine nécessite des améliorations.»

Le général croit également qu’il serait plus avisé d’améliorer l’entraînement des combattants locaux qui livrent bataille au sol aux militants islamistes plutôt que de centrer les efforts sur des frappes aériennes.

Le premier ministre Justin Trudeau s’est engagé à accroître la participation canadienne pour entraîner des troupes locales et, du même souffle, a confirmé qu’il allait retirer les six avions de chasse CF-18 canadiens qui bombardent des positions du groupe État islamique en Syrie.

M. Pavel n’a pas commenté directement cette décision du gouvernement canadien, mais a traité de l’importance d’utiliser des forces locales dans la région dans l’éventualité où l’OTAN décidait d’accroître son engagement dans la région.

«Ce ne pourrait pas être une opération menée par l’OTAN contre le groupe armé État islamique», dit-il. «Si cela était perçu comme une nouvelle intervention de l’OTAN dans la région ça n’apporterait pas grand-chose de positif.»

M. Pavel ajoute que toute intervention devrait être coordonnée avec les Russes qui mènent également des frappes en Syrie.

Tant l’OTAN que la Russie souhaitent le retour de la stabilité en Russie, mentionne-t-il, mais ils ne s’accordent pas sur ce qui devrait être la source de ce retour au calme.

«Mais ce que nous avons en commun, c’est l’éradication de l’extrémisme dans la région, donc je pense qu’il y a un terreau fertile pour une meilleure coordination», avance-t-il.