Il faut s’attaquer au diabète des aînés, «tsunami silencieux», croit un médecin

VANCOUVER – Le diabète chez les personnes âgées constitue toujours un véritable «tsunami silencieux» mais la stratégie nationale élaborée il y a 10 ans au Canada n’est toujours pas mise en oeuvre, déplore un spécialiste.

Le docteur David C.W. Lau presse à nouveau le gouvernement fédéral d’agir contre cette maladie chronique qui touche un aîné sur cinq — soit deux fois plus que chez les adultes de moins de 65 ans.

Le docteur Lau admet — et déplore — que les données statistiques sur les cas de diabète soient «peu fiables». Les seuls chiffres disponibles sont tirés des données de facturation des médecins mais le diabète n’est pas une maladie à déclaration obligatoire, rappelle le docteur Lau, qui enseigne la médecine à l’Université de Calgary.

Les données disponibles révèlent quand même que les taux les plus élevés de diabète de type 2, la forme la plus fréquente, se retrouvent dans les Maritimes et les taux les plus bas en Colombie-Britannique. Ces écarts sont surtout attribuables à l’obésité.

C’est en Chine, en Inde et aux États-Unis que le nombre de cas diagnostiqués augmente le plus chez les adultes, indique le docteur Lau. Les hausses dans les pays émergents sont attribuables à l’adoption d’habitudes de vie plus sédentaires et d’une alimentation à l’occidentale, résultats de l’exode vers les villes.

Le docteur Lau est rédacteur en chef du «Canadian Journal of Diabetes», une publication des sections professionnelles de l’Association canadienne du diabète. Dans son plus récent éditorial, il insiste sur l’importance du diagnostic et des traitements de cette maladie chronique — ne serait-ce que pour freiner l’augmentation des coûts des soins de santé liés aux complications, comme l’insuffisance rénale et la cécité.

«Les diabétiques courent plus de risques de souffrir de démence, de maladies cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux, rappelle le docteur Lau en entrevue. Chez les personnes âgées, ces chiffres sont doublés, voire triplés, et il faut vraiment s’attaquer à ces problèmes.»

L’Agence de la santé publique du Canada soutient qu’elle agit, par l’entremise de la Stratégie canadienne du diabète élaborée en 2006. Ce programme mesure les tendances et les facteurs de risque des différents types de diabète, pour tous les groupes d’âge, et offre un questionnaire afin d’identifier les risques de chacun, indique l’agence.

Le docteur Lau aimerait bien que soient véhiculés certains messages tout simples, comme: «il suffit de perdre de un à trois pour cent de masse corporelle pour réduire les risques de diabète de près de 60 pour cent».

Le médecin déplore par ailleurs le fait que ses propres étudiants aient adopté de mauvaises habitudes de vie, et qu’ils seront ainsi mal placés, ensuite, pour conseiller leurs patients.

Serge Corbeil, lobbyiste des sections de Colombie-Britannique et de l’Alberta de l’Association canadienne du diabète auprès du gouvernement fédéral, soutient que l’absence d’initiative nationale a poussé les provinces à adopter leur propre stratégie, chacune de leur côté.

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