Impossible de dire combien de réfugiés syriens débarqueront bientôt au Québec

QUÉBEC – Il semble impossible de savoir exactement combien de réfugiés syriens débarqueront au Québec dans les prochaines semaines et les prochains mois.

Personne, au gouvernement, ne se risque à avancer un chiffre à l’heure actuelle.

Et une certaine confusion semble s’être installée dans ce dossier, entre les deux capitales, alors que les échéances se rapprochent de jour en jour.

En septembre, la ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, s’était engagée à accueillir 3650 réfugiés syriens d’ici le mois de mars, dont 2400 idéalement avant les Fêtes, si elle obtenait la collaboration d’Ottawa.

L’élection récente du gouvernement Trudeau a changé complètement la donne, puisqu’il s’est engagé à en accueillir 25 000 avant la fin de l’année, à travers le pays.

Sept semaines avant l’échéance, le gouvernement du Québec ne sait toujours pas quelle proportion d’entre eux atterrira à Montréal, et ne dit pas quel effort supplémentaire il est prêt à faire, dans ce nouveau contexte.

La ministre Weil a dit jeudi que «divers scénarios» étaient à l’étude. «Nous n’avons pas, à ce moment-ci, de précisions à ce sujet du gouvernement fédéral», a ajouté son porte-parole.

De son côté, le ministre de l’Éducation, François Blais, a dit ignorer le nombre d’enfants syriens qui pourraient faire leur entrée en classe, dès janvier, dans les écoles québécoises, compte tenu des budgets et de la capacité d’accueil.

«Il faut bien comprendre qu’il n’y a pas encore de chiffre arrêté et défini», a dit M. Blais, lors d’une brève mêlée de presse.

Il a ajouté que Québec s’engageait à «mettre à leur disposition les ressources nécessaires pour les intégrer» dans le milieu scolaire. Il ne s’est pas risqué à évaluer l’ampleur des «ressources» requises.

De plus, le cabinet de la ministre Weil dit ne pas savoir non plus si le quota total de réfugiés en provenance de Syrie à admettre au Québec va inclure ou exclure les 3650 déjà prévus. Cette information demeure «à préciser», a indiqué son attaché de presse, Stéphane Plante.

À propos des 2400 dossiers qui devaient être traités en mode accéléré à Ottawa, à la demande de Québec, on croit réaliste au ministère de l’Immigration de voir le tout finalisé avant Noël. Ce contingent de réfugiés pourrait donc, en principe, débarquer au Québec d’ici le mois de mars.

Québec ne sait pas encore, non plus, qui acquittera la facture de cette opération d’envergure, tout en espérant que ce soit Ottawa qui assume la majeure partie.

«À ce moment-ci, cela reste à préciser lors des discussions. Historiquement, lors de l’accueil des réfugiés kosovars, le gouvernement fédéral a assumé les coûts», a indiqué l’attaché de presse de la ministre Weil.

Mme Weil a aussi exprimé son intention de voir essaimer les Syriens partout au Québec, «dans toutes les régions, les villes sont très intéressées à jouer un rôle».

Pendant ce temps, à Montréal, le rapporteur spécial des Nations unies pour les droits de l’homme et des migrants, François Crépeau, a plaidé pour une ouverture plus grande des portes du Québec.

Selon lui, le Québec pourrait et devrait accueillir bien davantage d’immigrants et de réfugiés, chaque année. «Sans faire d’énormes efforts, on pourrait facilement multiplier cela pour avoir entre 60 000 et 80 000 personnes par année au Québec, dont une grosse proportion de réfugiés», a-t-il calculé.

«Reconnaissons que les réfugiés qui sont venus au Québec et qui se sont installés ici ont été un bienfait extraordinaire pour notre société», a ajouté M. Crépeau.

Bon an, mal an, le Québec accueille 50 000 immigrants par année.