Incendie de L’Isle-Verte: le propriétaire de la résidence rejette tout blâme

QUÉBEC – Le copropriétaire de la résidence du Havre, Roch Bernier, rejette toute part de responsabilité dans l’incendie qui a coûté la vie à 32 personnes âgées en janvier 2014 à L’Isle-Verte.

En point de presse jeudi à Québec, M. Bernier a estimé que le coroner Cyrille Delâge avait «injustement ciblé» les gestionnaires et le personnel de la résidence, en particulier le gardien de nuit chargé de la sécurité des résidants.

«Tout le monde qui était en place a fait tout son possible, même s’il y avait le plan d’intervention, ils ont fait tout leur possible pour secourir notre monde», a fait valoir le copropriétaire l’établissement, pour qui l’incendie est attribuable à un «ensemble de facteurs» disparates.

En outre, M. Bernier montre du doigt «les intervenants» en prévention des incendies qui, à son avis, ne l’ont pas renseigné en «profondeur» sur la marche à suivre en cas d’urgence.

«On ‘focusait’ tellement sur le nombre de minutes pour sortir notre monde qu’on s’est jamais arrêté à aller plus loin et il n’y a pas d’intervenants qui sont venus sonner la cloche pour nous accompagner, a-t-il soulevé. On n’a pas été assez informé de la manière de faire en profondeur, comment agir quand arrive un incendie ou un événement majeur.»

M. Bernier n’entend pas assumer le blâme pour la tragédie et concède tout au plus que s’il avait été mieux «éclairé» au sujet des procédures d’évacuation, «sûrement qu’on aurait changé nos manières de faire».

Le partenaire d’affaires d’Irène Plante a rappelé que la résidence du Havre avait été «formellement certifiée» par l’Agence de santé du Bas-Saint-Laurent et qu’aucun avis de non-conformité n’avait été relevé par la Régie du bâtiment ou par la municipalité. À cela s’ajoutent les entrepreneurs en construction, en électricité et en système d’alarme qui n’ont jamais signalé d’anomalies avec les plans d’architecture.

«On a toujours fonctionné avec les règlements et les normes qui étaient demandés», a martelé M. Bernier.

L’homme d’affaires se range derrière le gardien de nuit de l’établissement, Bruno Bélanger, sérieusement écorché dans le rapport du coroner Delâge.

Dans ses conclusions, le coroner dénonce «l’absence de toute tentative» de la part de M. Bélanger pour sauver les résidants et met en cause sa crédibilité dans sa relation des événements, notamment au sujet du foyer d’incendie.

«M. Bélanger n’a nullement menti et M. Bélanger a fait son ouvrage comme il devait le faire dans les circonstances», a répliqué son employeur.

M. Bernier partage la version du gardien de nuit selon laquelle le feu a pris naissance non pas dans la cuisine _ où se trouvait M. Bélanger _ mais au deuxième étage de l’édifice.

«Le feu a commencé au deuxième étage, j’étais là», a-t-il dit, contredisant les experts de la Sûreté du Québec qui sont plutôt d’avis que le feu a commencé dans la cuisine.

À noter que le coroner n’a pu établir l’origine du brasier à l’intérieur de la résidence, ce pourquoi l’incendie est pour l’instant considéré comme accidentel.

«On ne peut éliminer l’incendie volontaire, bien que rien ne nous dirige vers cette éventualité au moment d’écrire ces lignes», écrit M. Delâge dans son rapport.

M. Bernier a indiqué qu’il attendait les résultats d’une expertise privée, effectuée à sa demande par la firme Drolet, Besselle & Landreville, pour confirmer ses dires. Il a aussi évoqué un recours civil «en lien avec la construction et la rénovation des différentes sections» de la résidence.

Il importe «de remettre les faits à la bonne place», a soutenu le copropriétaire.

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