Infrastructures: les libéraux devraient prendre leur temps, dit un économiste

OTTAWA – Un éminent économiste affirme que le gouvernement libéral devrait attendre avant de dépenser des milliards de dollars pour de nouvelles infrastructures afin de s’assurer que ses investissements aient le plus d’impact possible sur l’économie canadienne.

Jack Mintz croit que le fédéral devrait privilégier ce qu’il appelle les «infrastructures permettant d’accroître la productivité» comme les routes, les autoroutes, les voies ferrées et les ports afin de réduire le temps de déplacement des travailleurs et de faciliter le transport des produits vers les marchés étrangers.

Selon lui, ce type de projet pourrait favoriser la croissance économique à long terme, contrairement aux «infrastructures sociales» qui font aussi partie des promesses des libéraux dans ce domaine.

«C’est là-dessus que l’accent devrait être mis, a soutenu M. Mintz en conférence de presse sur la colline du Parlement, lundi. Transportons les gens, transportons les biens et, par le fait même, stimulons l’économie.»

Le Parti libéral a promis d’injecter près de 17 milliards $ sur quatre ans dans les infrastructures, un effort qui sera financé par trois années de déficit. La majorité de cette somme, soit 10,05 milliards $, devrait être dépensée au cours des deux premières années, alors que le reste, soit 6,9 milliards $, sera déboursé durant les deux dernières années du mandat des libéraux.

Cet engagement était l’une des pierres d’assise de la campagne libérale, qui a permis au parti de remporter un gouvernement majoritaire lors des élections du 19 octobre.

Bien que le nouveau premier ministre, Justin Trudeau, ait déclaré durant la campagne que le Canada était en récession, ce n’est pas le cas, a assuré Jack Mintz.

«Nous pouvons prendre notre temps, a indiqué l’économiste. Nous n’avons pas besoin d’investir dans les infrastructures pour stimuler l’économie. Nous avons besoin d’investir dans les infrastructures pour faire croître l’économie et je pense que nous devrions prendre le temps nécessaire pour faire les bons choix.»

M. Mintz a précisé que cette idée était l’une des principales conclusions de trois études publiées lundi par l’École de politique publique de l’Université de Calgary. Ces études portent sur l’état des infrastructures au Canada et sur la manière dont le gouvernement fédéral devrait financer leur renouvellement.

Elles estiment notamment qu’Ottawa devrait cesser de payer pour les petits projets d’infrastructures et verser directement l’argent aux municipalités par le biais des provinces.

D’après les chercheurs, les projets de moins de 1 million $ entraînent souvent des coûts administratifs supplémentaires, des fonds qu’il serait préférable de consacrer à des initiatives plus importantes pouvant mettre plus de temps à démarrer.

Les auteurs font aussi valoir que les villes, qui supervisent la majorité des infrastructures au pays, devraient pouvoir exiger des droits de péage afin de payer l’entretien.

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