Inondations en Alberta en 2013: la GRC blâmée dans un rapport d’enquête

OTTAWA – Une commission chargée d’enquêter sur le travail de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a blâmé ses agents pour avoir confisqué les armes à feu des résidants de High River, en Alberta, lorsque des inondations avaient ravagé la région il y a deux ans.

Dans un rapport publié jeudi, la Commission civile d’examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC a conclu que cette décision des policiers avait contribué à accentuer la méfiance des citoyens envers le corps de police national.

Selon les commissaires, le manque de leadership de la GRC, l’absence de balises claires sur de telles situations exceptionnelles et les communications «inefficaces» avec le public auraient mené aux incidents.

La GRC est autorisée d’entrer par elle-même dans les résidences lors de catastrophes naturelles et de saisir des objets. Les agents de la GRC considéraient que les armes à feu constituaient un danger puisque plusieurs vols avaient été commis, alors que 300 résidants refusaient de quitter leur domicile.

En vertu du Code criminel, les agents de la GRC n’ont pas nécessairement besoin d’un mandat pour effectuer des saisies dans de telles situations. Or, ils n’en ont pas fait état devant un juge comme le prescrit la loi.

En outre, les agents seraient allés trop loin en confisquant des armes dûment autorisées ou qui étaient entreposées de manière sécuritaire. En tout, 609 armes à feu ont été saisies dans 105 maisons.

«En voulant sauver des vies et assurer la sécurité des propriétés, les membres de la GRC ont outrepassé les limites de leurs pouvoirs dans certains cas pendant les opérations d’urgence (…) Si la GRC avait signalé ses saisies à la cour, cela aurait pu éliminer bon nombre des préoccupations et des critiques soulevées par les résidents, les médias et les politiciens», ont écrit les commissaires dans le document.

En juin 2013, la rivière Highwood était sortie de son lit, engloutissant des maisons et des voitures de la région. La GRC, les policiers des gouvernements municipal et provincial, l’armée, les premiers répondants et plusieurs bénévoles avaient secouru quelque 800 personnes.

«De toute évidence, les mesures d’urgence engagées étaient extraordinaires, et nous avons vu d’innombrables exemples d’efforts héroïques déployés par les premiers intervenants notamment des membres de la GRC, qui méritent pleinement notre reconnaissance», peut-on lire dans le rapport.

La Commission a interrogé des dizaines de personnes et a consulté près de 10 000 pages de documentation, en plus d’examiner plus de 1000 images et une cinquantaine de vidéos.

Les commissaires énoncent plusieurs recommandations, dont l’élaboration d’un guide de communication national pour les situations de crise et une amélioration des communications.

Un rapport final sera déposé plus tard lorsque GRC réagira aux conclusions.

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