Irak: la vague de meurtres de vengeance inquiète la coalition occidentale

KOWEÏT CITY, Koweït – Des représentants canadiens et américains en Irak s’inquiètent de la vague de meurtres de vengeance et de règlements de comptes parmi les communautés tout juste libérées de l’emprise du groupe armé État islamique (ÉI), affirment des sources fédérales des deux pays.

Selon un responsable américain qui a demandé à rester anonyme, ces actes vengeurs sont une préoccupation de plus en plus importante pour la coalition militaire dirigée par les États-Unis. Celui-ci s’exprimait dans le contexte de la visite du premier ministre Stephen Harper à Bagdad.

Il a noté que de nombreux rapports ont fait état d’assassinats de sunnites considérés comme des collaborateurs dans les villes de Tikrit, Amerli et Jurf al Sakhar. Ces localités ont été libérées par les forces irakiennes et les milices appuyés par les chiites, avec l’aide de la force de frappe aérienne de la coalition.

D’après ce responsable américain, Washington est également très dérangé par le fait que les Brigades du Hezbollah, désignées comme un groupe terroriste, se soient jointes aux combats le mois dernier en vue de maintenir la ville de Ramadi, dans l’ouest de l’Irak, hors de portée des extrémistes sunnites.

Les activités d’un groupe connu sous le nom de Comité de mobilisation populaire inquiéteraient également les États-Unis. L’organisation Human Right Watch a déjà accusé de crimes de guerre des milices associées à ce groupe.

Récemment, un responsable canadien a également mentionné le fait que des yézidis irakiens, sur le chemin du retour vers leur domicile dans le nord du pays, avaient commis des atrocités envers des voisins qu’ils suspectaient de les avoir chassés hors de chez eux l’été dernier.

Ce représentant canadien a aussi affirmé que les stratèges militaires occidentaux sont très préoccupés par la possibilité que cette vague de meurtres de vengeance prenne de l’ampleur, alors même qu’ils réfléchissent à la manière et au moment de reprendre Mossoul, la deuxième plus grande ville d’Irak, principalement sunnite.

«Ce sera laid pendant un certain temps», a résumé le responsable, qui n’était pas autorisé à parler aux médias.

Il n’est pas possible de savoir avec certitude si, au cours de leur rencontre en fin de semaine, le premier ministre Stephen Harper a conseillé au premier ministre irakien Haider al-Abadi de faire preuve de retenue. Car le gouvernement de M. Al-Abadi, dominé par les chiites, s’est appuyé sur les milices entraînées par l’Iran qui commettent la plupart des meurtres de vengeance.

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