Joe Oliver croit que l’Ontario devrait se pencher sur son important déficit

OTTAWA – Le ministre fédéral des Finances, Joe Oliver, reconnaît que l’Ontario fait face à un contexte économique difficile, mais il presse la première ministre libérale Kathleen Wynne à attaquer de front le problème du déficit provincial croissant, dans son budget post-électoral du mois prochain.

Les libéraux, reportés au pouvoir avec une majorité lors du scrutin provincial de la semaine dernière, devraient déposer essentiellement le même budget qui leur valu d’être défaits, lors de la reprise des travaux à la législature le 2 juillet — incluant l’ajout de plus de 1 milliard $ au déficit pour le porter à 12,5 milliards $.

Sans aller dans les détails, M. Oliver a affirmé lundi à des journalistes qu’il préférerait un budget luttant avec plus de vigueur contre le déficit.

«La première ministre devra prendre de difficiles décisions fiscales, et nous espérons que son gouvernement suivra notre exemple vers un budget équilibré en Ontario», a-t-il dit.

M. Oliver a tenu ces propos à la suite d’une rencontre à huis clos avec plus d’une douzaine d’économistes du secteur privé, appelés à informer Ottawa au sujet de l’état de l’économie.

Les économistes ont notamment prévenu M. Olivier que le premier trimestre — marqué par des conditions météorologiques difficiles — devrait retrancher un dixième de point de pourcentage à la croissance économique prévue dans le budget fédéral de 2014.

Selon eux, cela ne devrait pas influencer négativement les revenus d’Ottawa, qui pourraient même être plus élevés que prévu en raison des prix élevés du brut, ce qui devrait stimuler les recettes fiscales.

L’économiste en chef de la Banque de Montréal, Doug Porter, a indiqué qu’à moins d’un événement imprévisible, le gouvernement fédéral devrait se trouver en situation d’équilibre budgétaire au cours de l’exercice en cours.

Une fois le déficit zéro atteint, M. Oliver a affirmé que le gouvernement conservateur respecterait sa promesse électorale en introduisant le fractionnement du revenu.

Le ministre des Finances a également dit ne pas croire que le Canada se trouvait dans une situation de bulle immobilière, ajoutant qu’Ottawa allait introduire de nouvelles mesures visant à limiter le pouvoir de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) en ce qui a trait au marché de l’assurance hypothécaire.

La semaine dernière, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) avait averti les contribuables canadiens de leur vulnérabilité face à la sérieuse correction qui guette le marché de l’habitation du pays, qu’elle juge en état de surchauffe.