John Baird se retrouve au centre du débat au sujet du nucléaire et de l’Iran

WASHINGTON – L’ancien ministre des Affaires étrangères du Canada s’est servi d’une importante tribune pour exprimer son scepticisme envers l’Iran alors que les discussions avec ce pays au sujet du nucléaire viennent d’atteindre un stade critique.

John Baird a décrit ses préoccupations quand la question d’une possible entente sur le nucléaire a été soulevée durant une session de questions et réponses à la rencontre annuelle du plus gros lobby américain pro-israélien.

Il s’est dit très préoccupé de la direction que prend le gouvernement de Téhéran, lundi, juste avant la très attendue apparition publique du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

Il a dit ne pas croire ce qu’il a appelé un «travail de relations publiques» de la part du nouveau président de l’Iran.

Le scepticisme de M. Baird au sujet des discussions nucléaires avec l’Iran n’est pas une première. Le contexte, toutefois, le met à l’épicentre du débat à un moment crucial.

M. Netanyahou a laissé de côté la campagne électorale en Israël pour livrer deux discours majeurs à Washington, mettant en garde contre une possible entente avec l’Iran.

Quant à M. Baird, il a dit être méfiant envers l’Iran vu ses violations répétées des droits humains, son soutien envers le terrorisme et son appui continu au régime de Bachar el-Assad en Syrie.

Il dit s’inquiéter des conséquences que pourrait avoir dans toute la région un Iran en possession du nucléaire.

«La dernière chose dont nous avons besoin est d’une nouvelle course à l’armement nucléaire au Moyen-Orient», a déclaré M. Baird, qui a quitté son poste de ministre, le mois dernier.

«Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir en tant que société civilisée pour arrêter cela… Avant, je voyais le programme nucléaire de l’Iran uniquement à travers la lentille israélienne. Mais au cours des quatre dernières années, j’ai constaté que presque chaque pays du Moyen-Orient a cette même préoccupation que nous avons».

Le premier ministre Netanyahou a ensuite commencé son propre discours en mentionnant spécifiquement M. Baird et l’ancien dirigeant de l’Espagne, Jose Maria Aznar, les qualifiant de grands amis d’Israël.

Alors que la foule réagissait avec enthousiasme, le premier ministre israélien s’est mis, lui aussi, à applaudir.

«Vous êtes tous les deux des champions d’Israël», a-t-il dit. «Et vous êtes de vrais champions de la vérité».

Les relations se sont un peu refroidies récemment avec l’actuel président des États-Unis.

M. Netanyahou a insisté qu’il a un immense respect pour Barack Obama et a ajouté que les relations américano-israéliennes ont survécu à des moments difficiles dans le passé et sortiraient indemnes de celui-ci aussi.

«Les mésententes dans une famille sont toujours inconfortables», a-t-il dit. «Mais l’on doit toujours se rappeler que nous sommes une famille».

Au coeur de la situation se trouve l’impact d’une entente potentielle avec l’Iran: pourrait-elle alors arrêter sa poursuite de l’arme nucléaire comme l’espère l’Administration Obama, ou l’accélérer, comme le craint M. Netanyahou?

Le dirigeant israélien doit faire valoir ses inquiétudes dans un discours au Congrès mardi.

Mais il ne se rendra pas à la Maison-Blanche. Le président a refusé de le rencontrer, invoquant qu’il serait inapproprié de lui offrir pareille plateforme alors qu’il se trouve en période électorale.

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