Jour 25 de la campagne: accusations de mensonge et questions esquivées

OTTAWA – À la 25e journée de la campagne électorale qui mènera les Canadiens aux urnes le 19 octobre, Thomas Mulcair et sa promesse d’un budget équilibré étaient la cible de toutes les attaques.

C’est Justin Trudeau qui a ouvert les hostilités, mercredi matin, accusant Thomas Mulcair de mentir, sans toutefois prononcer le mot.

«On en a marre des politiciens qui promettent de faire des choses pendant une campagne électorale et ensuite disent « ah non, on ne pourra pas; les chiffres sont pires que ce qu’on pensait ». (…) Moi, je vais dire la vérité», a lancé M. Trudeau lors d’un arrêt de campagne à Newmarket, en Ontario.

M. Trudeau refuse de prévoir quand un gouvernement libéral atteindrait l’équilibre budgétaire.

De Baie Comeau, le chef bloquiste Gilles Duceppe a collé l’étiquette de l’austérité à son adversaire néo-démocrate. «Le vieux fond libéral de Thomas Mulcair remonte à la surface. Sa couleur, c’est la couleur de l’austérité. Et c’est des mesures du type de M. (Philippe) Couillard à Québec», a accusé M. Duceppe au cours d’une entrevue téléphonique.

Le chef conservateur, lui, a lancé l’accusation contraire. Selon Stephen Harper, le NPD prévoit «une avalanche» de taxes et d’impôts pour équilibrer le budget fédéral tout en multipliant les dépenses.

Malgré les attaques, M. Mulcair, qui faisait campagne aussi en Ontario mercredi matin, a maintenu sa promesse.

«Le premier budget du NPD sera, en effet, équilibré», a-t-il répété à quelques reprises en réponse aux questions des journalistes lors de son premier arrêt de campagne de la journée, à London. «Nous n’aurons pas de déficit», a-t-il dit encore et encore.

M. Harper, aussi en Ontario, a dû encore une fois défendre son bilan économique. Il maintient que 80 pour cent de l’économie canadienne est en croissance, que seule l’industrie pétrolière a quelques pépins.

«Que devons-nous faire? Que devons-nous faire? Moi, ce que je dis que nous devons faire, c’est ce que nous faisons», a insisté M. Harper.

En après-midi, dans un discours devant des militants à Durham, en Ontario toujours, M. Harper tentait de faire mentir les calculs des économistes. «Nous avons un budget équilibré au Canada», a-t-il affirmé, sous les applaudissements de partisans conservateurs.

Si M. Harper n’était pas à court de vocabulaire pour attaquer ses adversaires, il était beaucoup moins bavard lorsqu’il a été questionné sur le procès du sénateur Mike Duffy.

Un des employés du bureau du premier ministre Harper a été vu au procès, mardi, en conversation avec un de ses ex-employés appelé à la barre des témoins.

Au point de presse quotidien de la campagne conservatrice, une journaliste a demandé à M. Harper s’il avait envoyé son employé actuel pour donner des instructions à son ex-employé. M. Harper a préféré répéter qu’il ne commente pas l’affaire parce qu’elle est devant les tribunaux.

À l’écart de tout cela, le chef de Forces et Démocratie, Jean-François Fortin, a annoncé la mise en ligne d’un site en anglais pour son parti, preuve, selon lui, que «l’influence (de son parti) s’accroît».

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