Jour 45: Promesses pour les aînés, pour la santé mentale, pour la formation

OTTAWA – Au 45e jour de la campagne électorale, mardi, le chef conservateur Stephen Harper continuait de décrire le monde comme «dangereux» alors que ses adversaires se disputaient sur le véritable prix de leurs promesses.

Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair s’en est pris à son adversaire libéral qui refuse de présenter tous ses chiffres à la fois. Le NPD promet de publier le coût de sa plateforme avant jeudi, jour d’un débat des chefs sur l’économie.

Justin Trudeau a maintenu que M. Mulcair ne pourra pas livrer toutes ses promesses tout en équilibrant le budget. D’après M. Trudeau, le NPD promet «le beurre et l’argent du beurre».

Des promesses plus ou moins généreuses

À North Vancouver, mardi matin, M. Harper a fait une autre promesse qu’il décrit comme «abordable»: un crédit d’impôt pour les personnes âgées célibataires ou veuves. Ce crédit d’impôt, selon les calculs conservateurs, pourrait redonner jusqu’à 600 $ par année à un retraité seul.

Le chef conservateur veut faire contraster ses promesses «abordables» avec celles de ses adversaires qu’il juge trop grandioses et annonciatrices d’augmentations de taxes et d’impôts.

À Waterloo, en Ontario, le chef libéral a promis 750 millions $ pour les programmes provinciaux de formation de la main-d’oeuvre.

À Lethbridge, en Alberta, le chef du NPD a promis 100 millions $ — étalés sur quatre ans — pour améliorer l’accès des enfants et des jeunes Canadiens aux soins de santé mentale.

C’était la deuxième promesse néo-démocrate en deux jours dans le champ de compétence provinciale qu’est la santé.

«Les provinces et les territoires fournissent les soins de santé. Le gouvernement fédéral est un partenaire. Nous devons redevenir un partenaire. C’est ce qui manque», a déclaré M. Mulcair, reprochant à M. Harper d’avoir boudé les réunions avec les provinces.

À Sherbrooke, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a pour sa part réclamé la disparition de la TPS sur les livres et il a réécrit la politique internationale de son parti sur la lutte contre le groupe État islamique (EI).

Le printemps dernier, les deux députés bloquistes aux Communes avaient refusé d’appuyer la participation canadienne aux bombardements aériens contre l’EI en Irak et en Syrie. Mardi, leur chef leur a donné tort. «Il arrive dans l’histoire où il n’y a pas d’autre choix que d’intervenir de façon militaire. C’est malheureux, mais c’est comme ça», a déclaré M. Duceppe.

Une annonce qui se fait attendre et un autre candidat expulsé

Le premier ministre sortant n’est toujours pas prêt à annoncer quelles mesures concrètes il mettra en oeuvre pour accélérer l’accueil de réfugiés syriens au Canada.

Stephen Harper a promis, jeudi dernier, une annonce dans ce dossier. Mardi après-midi, la question lui a, encore une fois, été posée. Et il a, encore une fois, répondu qu’il aurait quelque chose à annoncer «dans un proche avenir».

En attendant, M. Harper est convaincu qu’il est sur la même longueur d’ondes que les Canadiens dans ce dossier. «Je pense que la politique du gouvernement est un reflet exact de l’opinion de la plupart des Canadiens», a-t-il dit. Selon lui, les Canadiens veulent qu’on donne la priorité aux réfugiés issus de minorités ethniques et religieuses et ils veulent qu’on filtre les réfugiés, question de sécurité.

Par ailleurs, M. Harper a perdu un autre de ses candidats, mardi. Mais impossible de savoir pourquoi.

Blair Dale, candidat conservateur dans une circonscription de Terre-Neuve-et-Labrador, a abandonné la course électorale après qu’un blogue eut retracé certains de ses commentaires sur les médias sociaux. Ces commentaires vont de son interprétation des paroles d’une chanson rap à son opinion sur l’avortement qui, selon lui, devrait être accessible aux victimes de viol, mais pas aux personnes «irresponsables».

En annonçant le départ du candidat Dale, le Parti conservateur n’a pas expliqué lequel de ces commentaires posait problème.

Un cinquième débat plus ou moins bilingue

Il y aura un cinquième débat des chefs, sur les enjeux internationaux, même si les organisateurs de ce débat s’en remettent aux chefs de partis pour assurer le bilinguisme de l’exercice.

Chaque chef pourra parler dans la langue de son choix, les spectateurs auront accès aux services d’interprètes et le modérateur est unilingue anglophone. Cela suffit pour faire taire les critiques des libéraux et néo-démocrates qui réclamaient un débat tout à fait bilingue.

Le débat Munk est prévu le 28 septembre à Toronto. Le 28 septembre est également la date limite pour se porter candidat à l’élection du 19 octobre. Après cette date, tout candidat qui abandonne, ou est expulsé, ne pourra pas être remplacé par son parti sur le bulletin de vote.

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