«Mon interlocuteur n’est pas Régis Labeaume», dit François Legault

QUÉBEC – François Legault n’a pas l’intention de s’en laisser imposer par l’impétueux maire de Québec, Régis Labeaume, ni par la première ministre sortante, Pauline Marois, qui espère lui ravir des circonscriptions dans la région.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a dévoilé sa plateforme pour la région de la Capitale-Nationale à la baie de Beauport, mercredi.

Et comme il l’avait déjà fait savoir il y a quelques jours, celle-ci ne comprend pas le projet d’anneau de glace si cher aux yeux du premier magistrat de la Vieille-Capitale.

«Régis Labeaume est maire là, mais sur huit (NDLR: neuf, en réalité) comtés à Québec, on a cinq députés. Donc il y a cinq députés qui écoutent aussi les gens de Québec», a-t-il fait valoir lors de sa conférence de presse matinale.

Entouré de quelques députés sortants de la région et de certains candidats qui se présentent sous la bannière caquiste, François Legault a assuré que sa «bataille» n’était pas avec le maire Labeaume.

Le combat, a-t-il martelé, a pour objectif de donner un répit aux contribuables, en particulier aux familles de la classe moyenne — une frange de l’électorat qu’il courtise ardemment depuis le jour un de la campagne.

«Mon interlocuteur, ce n’est pas Régis Labeaume. Ce sont les citoyens de Québec. Je fais le pari qu’ils préfèrent qu’on réduise leurs taxes de 1000 $ plutôt que l’on mette de l’argent dans ces projets qui, à notre avis, ne sont pas prioritaires», a exposé le chef caquiste.

M. Labeaume, qui a fait des régimes de retraite son principal cheval de bataille pendant la dernière campagne municipale, se réjouira peut-être toutefois d’une autre proposition contenue dans la plateforme caquiste.

François Legault suggère de laisser aux deux parties un maximum d’un an pour s’entendre sur cet épineux dossier. Si aucun accord n’intervient, ce sera aux municipalités de trancher, a-t-il indiqué.

Il a soutenu que la chose ne lui semblait pas risquée, malgré les scandales ayant éclaté dans plusieurs municipalités au cours des dernières années et du fait que certains maires ont la fâcheuse habitude de parfois se comporter en roitelets.

«Je pense que les élus dans les municipalités (…) doivent être imputables», a-t-il plaidé.

«Il faut leur donner le pouvoir (de prendre ce type de décision) et regarder les résultats. Nous, on fait confiance aux gens des municipalités.»

Il a dit ne pas craindre non plus que les élus ne fassent délibérément traîner les négociations en longueur en sachant qu’ils auront le dernier mot, quoiqu’il advienne.

La «bataille de Québec»

Les caravanes caquiste et péquiste font toutes deux campagne mercredi dans la région de Québec, où la lutte pourrait être serrée dans certaines circonscriptions.

Et la CAQ n’a pas l’intention de laisser le Parti québécois (PQ) lui en chiper.

«On veut en prendre plus (…) Ce que je constate depuis un certain temps à Québec, c’est qu’il y a une révolte du contribuable, a-t-il avancé. Ça a commencé ici, mais c’est en train de s’étendre», a fait valoir M. Legault.

Il reste que le chef ne serrera pas beaucoup de mains à Québec, mercredi. La journée est très courte du côté de la CAQ — la dernière activité étant un dîner public à Cap-Rouge, en fin d’avant-midi.

La caravane caquiste mettra ensuite le cap sur Montréal.

L’entourage de François Legault fait valoir que la tempête de neige qui doit s’abattre sur la métropole et la préparation du chef en vue du tournage de l’émission «Tout le monde en parle», jeudi, justifient cet horaire allégé.

«On se lève de bonne heure le matin (…). On répond à toutes vos questions deux fois par jour, on sort une nouvelle idée à chaque jour. Je pense qu’on ne veut pas faire exprès (…) pour rouler partout au Québec sans rien avoir de nouveau à vous annoncer», a pour sa part plaidé le leader.

Et s’il n’y a pas eu de grand rassemblement militant depuis le début de la campagne électorale, ce n’est pas dû à un problème de mobilisation des troupes.

«Il n’y a pas de problème. C’est fixé depuis le début. Il y aura un grand rassemblement au cours des prochains jours», a promis François Legault, soutenant qu’il avait préféré mettre des idées sur la table en début de campagne plutôt que de miser sur des événements militants.

Le chef a par ailleurs spécifié qu’il n’avait pas l’intention de changer sa stratégie de campagne, même si le débat semble vouloir prendre la tangente souverainiste-fédéraliste, surtout depuis l’arrivée de Pierre Karl Péladeau.

Ce dernier a lancé vouloir bâtir «un pays» en brandissant le poing dans les airs lors de l’annonce de sa candidature dans Saint-Jérôme, dimanche.

«Pour nous, c’est pas une priorité, le référendum, et je pense que ce n’est pas une priorité pour les Québécois», a souligné M. Legault.