La Couronne demande au jury de reconnaître Biddersingh coupable de meurtre

TORONTO – Une procureure de la Couronne a exhorté un jury de Toronto à rendre un verdict de culpabilité au procès d’un homme accusé du meurtre prémédité de sa fille, affirmant que son «règne de terreur» l’a tuée.

Everton Biddersingh a plaidé non coupable après avoir été accusé du meurtre de Melonie, alors âgée de 17 ans, dont le corps calciné a été retrouvé dans une valise en flammes il y a 21 ans.

«Son règne de terreur a finalement eu pour conséquence la mort de Melonie», a lancé lundi la procureure de la Couronne, Mary Humphrey, dans sa plaidoirie.

«Sans ses actes et ses omissions, Melonie serait en vie aujourd’hui. Elle aurait 38 ans», a-t-elle déclaré.

Il a fallu plus de 20 ans pour que ce crime soit jugé lors d’un procès parce que la police était incapable d’identifier les restes de Melonie, jusqu’à ce qu’un indice mène à l’arrestation de son père et de sa belle-mère en mars 2012.

Les membres du jury ont appris que Melonie et ses deux frères sont venus de Jamaïque en 1991, là où ils étaient nés, pour vivre avec leur père et leur belle-mère.

Ils ont entendu des témoins expliquer que Melonie — qui rêvait de devenir infirmière — n’allait pas à l’école, a été affamée et battue de façon brutale, et qu’elle a subi d’horribles sévices aux mains de son père.

Me Humphrey a souligné que Melonie était traitée comme une esclave et dépérissait à vue d’oeil devant son père, qui n’a pas cessé de la maltraiter.

«Everton a tout pris de Melonie. Il lui a même enlevé sa volonté de vivre», a dit le procureure.

L’homme considérait sa fille comme une «traîtresse» parce qu’il croyait qu’elle avait appuyé sa belle-mère dans une dispute conjugale, a expliqué la procureure de la Couronne.

Il s’est servi de l’adolescente comme une aide ménagère gratuite, une gardienne pour ses autres enfants et aussi pour se défouler lorsqu’il était en colère contre son épouse.

Pendant plusieurs mois, Melonie a été enfermée pendant des heures dans un minuscule garde-robe, sa tête a été mise dans la cuvette pendant que la chasse était tirée, elle a été enchaînée à des meubles et par moments, elle a été privée de nourriture et a été frappée, battue à coups de pied et projetée contre les murs par son père, a-t-il été relaté lors du procès.

Elle n’a jamais été emmenée à l’hôpital, même lorsque son état se détériorait.

«Il l’a dominée et l’a exploitée jusqu’à son dernier souffle. Lorsqu’elle ne lui était plus utile, il l’a tuée ou a causé sa mort alors qu’elle était illégalement confinée», a dit Me Humphrey.

Alors que la cause exacte du décès de Melonie est contestable — elle pourrait avoir été noyée ou être morte de faim — l’avocate a dit au jury qu’il n’y avait aucun doute qu’Everton Biddersingh a planifié des actions délibérées qui ont causé la mort de sa fille.

Après la mort de Melonie, l’homme a tenté d’effacer toute preuve que sa fille avait même existé, a plaidé Me Humphrey.

Il a mis son corps dans une valise, l’a emportée dans un secteur isolé et y a mis feu, a-t-elle dit.

Melonie serait morte le 1er septembre 1994. Elle ne pesait alors que 22 kg et son corps portait les traces d’environ 21 fractures.

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