La FAE rejette l’entente de principe… qu’elle n’avait pas négociée

MONTRÉAL – Sans surprise, les huit syndicats membres de la Fédération autonome de l’enseignement ont rejeté l’entente de principe qui avait été conclue entre le gouvernement du Québec et le front commun — une entente qu’elle n’avait pas négociée.

L’entente de principe avait été conclue à la mi-décembre entre les syndicats membres du front commun, représentant 400 000 des 500 000 employés de l’État, et le gouvernement du Québec. Par la suite, comme le veut la coutume, le gouvernement avait déposé la même offre aux autres syndicats qui ne font pas partie du front commun, comme la FAE.

Et la FAE l’a rejetée. Depuis le mois de décembre, la FAE a toujours affirmé qu’elle souhaitait reprendre la négociation avec le gouvernement, estimant que les problèmes de fond qu’elle dénonce n’avaient pas été réglés. Elle réclame notamment un réinvestissement en éducation, plus particulièrement dans le soutien aux enseignants et l’aide aux élèves en difficulté.

Au cours d’une entrevue vendredi en fin de journée, le président de la FAE, Sylvain Mallette, a affirmé qu’il était important pour ses membres de se prononcer puisqu’ils seront touchés au premier chef par ces questions, incluant les paiements de relativité salariale. «On pose le geste de dire non et maintenant, le gouvernement est pris avec 34 000 profs qui lui disent non», a-t-il lancé.

M. Mallette affirme que la proposition gouvernementale maintiendrait l’«appauvrissement» des enseignants qu’il représente.

Les négociations ont repris entre la FAE et le gouvernement à la table sectorielle seulement — où sont négociées les conditions comme l’organisation du travail et la précarité d’emploi.

Mais pour les questions des salaires et du régime de retraite — qui sont négociées à la table centrale, dans le cas du front commun, et en «intersectoriel» pour la FAE — M. Mallette admet que rien n’est acquis. «On est en réflexion là-dessus», a-t-il indiqué.

Les membres de la FAE veulent relancer leur plan d’action pour appuyer leur négociation. Il n’est toutefois pas question d’autres journées de grève «pour le moment», afin de ne pas ennuyer davantage les parents, qui appuient la cause de la défense de l’école publique, souligne M. Mallette.

Entre-temps, les membres de la FAE vont poursuivre les moyens de pression qu’ils avaient déjà entrepris, comme le fait de s’en tenir à des semaines de travail de 32 heures. De plus, «on va cibler les directions d’école et les gestionnaires des commissions scolaires», prévient M. Mallette. Un groupe d’enseignants a déjà fait irruption dans un de leurs colloques, par exemple.

L’entente de principe conclue entre Québec et le front commun intersyndical prévoit le versement d’un montant forfaitaire de 500 $ équivalant à environ 1 pour cent en 2015, puis une augmentation de 1,5 pour cent en 2016, de 1,75 pour cent en 2017 et de 2 pour cent en 2018.

Pour la dernière année de la convention collective, en 2019, Québec doit verser un autre montant forfaitaire d’environ 250 $, soit environ 0,5 pour cent, auquel il faut ajouter les paiements de relativité salariale qui représenteront environ 2,4 pour cent — mais qui ne s’appliqueront pas également à tous.

De même, l’âge de la retraite doit passer de 60 à 61 ans, mais en 2019.

La FAE représente le tiers des enseignants des niveaux primaire et du secondaire, soit 34 000 membres. Les deux autres tiers sont syndiqués à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui fait partie du front commun et a recommandé à ses membres d’accepter l’entente de principe.

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