Gauche et droite se divisent sur le nouveau budget du gouvernement Harper

MONTRÉAL – Le gouvernement fédéral a présenté son budget à la Chambre des communes, mardi.

Voici diverses réactions recueillies:

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«Malgré le surplus (annoncé), il y a très peu d’argent dans la création d’emplois et la stimulation de la croissance économique. Pour l’année 2015-2016, sur le plan des coûts budgétaires nets, cela se situe en bas de 500 millions $, c’est très très peu. Et on continue de s’attaquer au programme d’assurance-emploi parce qu’on prétend que ce programme va faire des surplus et on annonce des baisses importantes de cotisations à compter de 2017 alors que nous aurions préféré qu’on maintienne le taux et bonifie le régime.»

— Le trésorier de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Pierre Patry.

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«Le gouvernement respecte sa promesse en revenant à un équilibre budgétaire et même un léger excédent pour l’année prochaine. Il annonce des réductions fiscales pour les petites entreprises et les citoyens canadiens. Le revenu disponible sera plus élevé. Cela va encourager le développement de l’économie (…) mais le budget ne tient pas compte du fait qu’au Québec, on a des systèmes en place différents, et le gouvernement fédéral devrait continuer d’essayer de confier au Québec l’administration des programmes en fonction des besoins spécifiques (de la province).»

— Le président-directeur général du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval.

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«Ce n’est pas le genre de budget qui va faire oublier l’hiver qu’on a eu au pays. Il n’y a rien pour créer de bons emplois. Il n’y a rien pour les familles. Il n’y a rien en santé. Il n’y a rien pour les services de garde. Tout ce que ce budget va faire, c’est d’agrandir l’écart entre les riches et les travailleurs. Il faut bonifier le régime de pension du Canada pour essayer d’en arriver, dans un avenir à moyen terme, à doubler les prestations de retraite.»

— Le secrétaire-trésorier national du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Charles Fleury.

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«La FCEI se réjouit de la décision du gouvernement fédéral d’alléger le fardeau des taxes et des impôts imposé aux PME maintenant que l’équilibre budgétaire est atteint. Pour les membres de la FCEI, la baisse du taux d’imposition des petites entreprises est une mesure plus efficace que des mesures trop ciblées comme des crédits d’impôt pour renforcer leur performance, puisqu’elle permet aux entrepreneurs de choisir eux-mêmes là où ils souhaitent investir.»

— La vice-présidente de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, Martine Hébert.

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«Très décevant. On voit que par son budget, le gouvernement va favoriser les mieux nantis. C’est un budget pré-électoral, c’est un budget tendancieux qui ne favorise pas largement les citoyens canadiens.»

— La présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Louise Chabot.

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«C’est un budget qui a un soutien à la croissance des entreprises et qui marque un retour à l’équilibre budgétaire: ce sont des points importants pour le milieu des affaires. Si c’est un budget électoraliste, on le verra dans les prochains mois. Les mesures qui sont là sont favorables pour le milieu des affaires. C’est important de les souligner et de les appuyer.»

— Le vice-président à la stratégie et aux affaires économiques de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Stéphane Forget.

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«C’est un budget électoraliste. On va piger 1,8 milliard $ dans la caisse de l’assurance-emploi pour donner des cadeaux aux mieux nantis de la société. Si le gouvernement voulait vraiment s’attaquer au problème de la retraite, il n’augmenterait pas (…) le plafond du CÉLI, mais il augmenterait le Régime de pensions du Canada comme le réclament huit provinces, parce que c’est nettement insuffisant pour avoir une retraite décente. Et au lieu de piger dans la caisse de l’assurance-emploi, il laisserait l’argent dans la caisse pour qu’on puisse améliorer le sort des personnes qui ont perdu leur emploi.»

— Le secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, Serge Cadieux.

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«La majeure partie des pages du budget sont consacrées à nous présenter ce que se propose de faire le Parti conservateur s’il est réélu: des baisses d’impôt pour les entreprises, des mesures pour favoriser l’épargne des ménages les plus riches, l’arrimage de l’éducation aux besoins des entreprises, des investissements colossaux dans la défense et la mise en place de PPP pour développer le transport en commun. Toutes ces mesures paraissent néfastes, mais il semble plus pertinent d’en parler dans le cadre d’une élection que lors du dépôt du budget de l’État.»

— Un chercheur à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), Philippe Hurteau.

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«Ce budget ne répond pas totalement aux attentes des municipalités. Il y a quelques points dans la bonne direction, comme des investissements dans le transport en commun et le logement social, mais il y a aussi de grands absents, comme le manque d’investissements dans les infrastructures publiques et la sécurité en transport des matières dangereuses. Il ne faut pas oublier ce qui est arrivé à Lac-Mégantic.»

— La présidente de l’Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy.

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«On accueille le budget avec beaucoup de réserves. Il y a la saveur électoraliste. Oui, il y a quelques mesures, mais on a des bémols à apporter sur l’échelonnement de leur application. On aurait bien aimé avoir des sous additionnels pour le logement social afin de maintenir nos gens en région.»

— Le président de la Fédération québécoise des municipalités, Richard Lehoux.

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«Le gouvernement Harper vient encore une fois de faire la démonstration du peu de considérations qu’il accorde au respect des droits des plus pauvres. Il n’investit que des miettes dans le logement social et pas un sou additionnel dans la lutte à l’itinérance et dans l’amélioration des conditions de logement des communautés autochtones.»

— Le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant

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«C’est intéressant quand on regarde les (mesures concernant) les FERR et le CÉLI. Les gens vont pouvoir vivre plus longtemps avec un peu plus d’économies, (mais) il y a 40 pour cent des ainés de 65 ans et plus qui bénéficient du Supplément au revenu garanti. Et ça, ça n’a pas été touché du tout. Les mesures fiscales favorisent les aînés de classe moyenne et supérieure. Cela aurait été bien qu’on pense à bonifier ce programme. On aimerait (aussi) voir une politique nationale pour la santé des aînés au Canada, et surtout sur le vieillissement et ses impacts, pour s’assurer de maximiser les investissements aux bons endroits.»

— Le directeur général du Réseau FADOQ, Danis Prud’homme.

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