La gestion du stress évoquée au procès pour meurtre dans le tramway de Toronto

TORONTO – Tous les policiers en Ontario doivent suivre un entraînement annuel comprenant notamment des méthodes de gestion du stress, afin de pouvoir faire face à des situations explosives ou menaçantes.

Voilà ce qu’est venu préciser jeudi le directeur adjoint de la Police de Toronto au procès de son agent James Forcillo, accusé du meurtre non prémédité du jeune Sammy Yatim, 18 ans, abattu dans un tramway déserté en juillet 2013.

Appelé à la barre par la Couronne, le chef adjoint Michael Federico, qui cumule 43 ans de service à Toronto, a aussi précisé que pendant leur formation, les policiers apprennent qu’ils ont le devoir d’éviter de tuer ou de blesser grièvement un suspect. Ils savent aussi qu’ils ont le devoir de respecter la loi et de la faire appliquer, a-t-il convenu.

La Couronne lui a fait dire que ce qui est primordial, c’est la vie humaine. Les policiers apprennent aussi qu’en vertu du Code criminel, ils ne peuvent utiliser la force létale que pour prévenir un décès ou une blessure grave.

Le jeune Yatim, qui était armé d’un couteau, est mort après avoir été atteint par huit des neuf coups de feu tirés par l’agent Forcillo de l’extérieur du tramway.

Le chef adjoint a prévenu les jurés qu’à titre d’employeur de l’accusé, il ne pouvait se prononcer sur le geste posé par l’agent Forcillo. La Couronne a simplement voulu l’entendre comme témoin expert sur l’usage de la force en général.

«On ne peut prévoir tous les cas d’espèce. Il n’existe pas de recette ou de formule miracle, a précisé le vétéran policier. Il existe seulement des principes généraux pleins de bon sens, qui ont fait leurs preuves.»

Plus tôt jeudi, l’un des avocats de l’accusé a tenté de convaincre les jurés que l’agent Forcillo se trouvait peut-être plus près du jeune homme au couteau que ce que l’on croyait jusqu’ici.

En prenant en compte une marge d’erreur, le témoin expert Eugenio Liscio a finalement admis que le policier a pu se trouver à seulement 2,66 mètres de la pointe du couteau de Sammy Yatim — soit un mètre de moins que ce qu’il avait soutenu devant le tribunal. M. Liscio a cependant rappelé que sur la vidéo de surveillance, on voit bien que le jeune homme ne tenait pas son couteau loin devant lui, au bout d’un bras tendu.

Après plusieurs arguties, la poursuite et la défense ont convenu que l’on parlerait désormais d’une distance d’environ 2,77 mètres. De toutes façons, a plaidé la défense, le jeune homme aurait très bien pu sauter du tramway et poignarder le policier en une seconde et demie.

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