Des propos de Janette Bertrand monopolisent l’attention du jour 26

La grande vedette de la 26e journée de la campagne électorale n’aura pas été Pauline Marois, Philippe Couillard, François Legault ou Françoise David; ce fut plutôt Janette Bertrand!

Alors que sévissait dans plusieurs coins de la province une perturbation atmosphérique non désirée — qui a même chamboulé l’horaire de la Coalition avenir Québec — une allocution de la célèbre personnalité artistique a provoqué une deuxième tempête, notamment sur les réseaux sociaux.

Lors d’un «brunch pour la laïcité», Mme Bertrand s’est inquiétée que les «intégristes» puissent mettre en danger la société québécoise, en grugeant certains droits qui mettraient en péril l’égalité homme-femme.

Invitée, quelques heures plus tard, à commenter les propos de Mme Bertrand, Pauline Marois n’a pas cherché à s’en distancier, se contentant de mentionner qu’elle était très fière de compter sur l’appui de cette «femme qui a fait beaucoup pour l’égalité entre les hommes et les femmes».

Et même si la chef péquiste a dit ne pas constater de menace intégriste imminente au Québec, elle a affirmé que la charte que propose le Parti québécois deviendra un véritable «rempart conte l’intégrisme».

Les commentaires de Mme Bertrand n’ont pas laissé indifférent François Legault. Bien qu’il les ait qualifiés de maladroits, le chef caquiste n’est pas allé jusqu’à accuser la célèbre animatrice de «dérapage», allant même jusqu’à se porter à sa défense.

«Mme Bertrand, personne ne peut l’accuser d’être déconnectée de la population et des Québécois sur le terrain, a soutenu le chef de la CAQ. Sur le fond, Mme Bertrand est inquiète avec raison», croit-il.

De son côté, le chef libéral Philippe Couillard a de nouveau été confronté aux questions liées à la langue française, dimanche, mais il a surtout été piqué au vif, voire insulté, par les critiques de sa rivale péquiste lui reprochant de ne pas avoir suffisamment dénoncé le régime de l’Arabie saoudite, où il a travaillé.

«Quelle niaiserie! (…) C’est un peu comme si quelqu’un vous disait ‘je m’en vais travailler au Texas’, et que vous lui répondiez ‘Ah, comme ça, tu es pour la peine de mort, d’abord’. C’est tellement ridicule!», a rétorqué le leader du PLQ.

Au sujet de la langue française, M. Couillard a affirmé qu’il ne voit pas l’utilité d’adopter davantage de mesures coercitives afin d’en assurer sa pérennité.

«La loi 101, sur le plan législatif, a atteint l’équilibre linguistique, a dit M. Couillard, en marge d’un rassemblement militant dans la circonscription d’Argenteuil, à Lachute. Je ne crois pas que cela aiderait l’harmonie sociale.»

Lorsque les journalistes lui ont souligné que certaines études faisaient état d’un recul du français, notamment à Montréal, le chef libéral a répliqué en étalant son raisonnement sur la question.

«Les nouveaux arrivants adoptent le français dans une plus grande proportion comme langue dans l’espace public, a-t-il dit. Leurs enfants vont à l’école française. Le visage français du Québec, croyez-moi, il s’est vraiment amélioré depuis les dernières années.»

Un budget en mai

Un gouvernement caquiste déposerait un nouveau budget dès le mois de mai et annulerait la taxe santé pour les contribuables gagnant moins de 45 000$ par année. La mesure toucherait l’ensemble des citoyens l’année suivante, a fait savoir François Legault alors qu’il était de passage à Portneuf, dans la région de Québec.

Quant à la taxe scolaire, autre bête noire de la CAQ, elle sera d’abord coupée de moitié au cours d’un troisième budget présenté par un gouvernement caquiste pour ensuite disparaître à l’an IV.

«Je suis prêt à prendre l’engagement de gérer comme il le faut le portefeuille des Québécois. Depuis trop longtemps, le Parti libéral et le Parti québécois utilisent votre carte de crédit», a lancé François Legault, en illustrant ses propos en tenant entre ses mains un portefeuille d’un côté et une carte de crédit de l’autre.

M. Legault a promis de ne pas reculer en prétextant l’état des finances laissé par le gouvernement sortant, affirmant que ses engagements s’appuient sur les états financiers vérifiés de 2012 et 2013.

«Il n’y aura pas d’excuses. Il y aura une baisse de taxes en 2014-2015 et il y aura l’équilibre budgétaire. Et ça, ni M. Couillard, ni Mme Marois le proposent», a-t-il soutenu.

Pas d’alliance

Françoise David ne sera pas celle qui permettra à Pauline Marois de former un gouvernement majoritaire, si jamais, le soir du 7 avril, la chef péquiste ne réussit pas, de justesse, à obtenir le chiffre magique de 63 sièges.

En entrevue à La Presse Canadienne, Mme David a exclu catégoriquement l’idée de faire partie d’un gouvernement péquiste, dans un geste destiné à lui permettre de former éventuellement une majorité. Et ce, même en y mettant ses conditions. Et même si on lui déroulait le tapis rouge.

«Je n’entrerai pas dans un gouvernement péquiste. C’est totalement exclu», a tranché la femme de gauche.