La Loi 101 est toujours nécessaire, répond un juge à des commerçants anglophones

MONTRÉAL – La situation actuelle du français au Québec ne justifie pas une modification à la Loi 101 en matière d’affichage commercial, conclut un juge de la Cour du Québec.

Une vingtaine de commerçants anglophones contestaient l’avis d’infraction qu’ils avaient reçu pour non-respect de la Charte de la langue française en matière d’affichage.

La Loi 101 exige la prédominance du français dans les enseignes commerciales, l’affichage extérieur et intérieur de même que sur les emballages, des règles qui s’appliquent aussi maintenant aux pages commerciales dans Internet.

L’avocat des commerçants, Brent Tyler, a notamment plaidé devant le juge que la langue française n’était pas menacée par l’affichage à Montréal, et que le gouvernement ne pouvait donc plus brimer le droit à la liberté d’expression des citoyens anglophones.

Dans un jugement de 69 pages, le juge Salvatore Mascia rejette la contestation judiciaire, parce que les commerçants n’ont pas fait la preuve que le français n’est plus menacé. Les commerçants ont donc été reconnus coupables d’avoir violé la Loi 101.

Me Tyler, qui n’en n’est pas à ses premiers combats contre la Loi 101, a indiqué à sa sortie du tribunal qu’il avait reçu le mandat de porter la décision en appel.

«J’ai prévenu mes clients de ne pas s’embarquer là-dedans si vous ne voulez pas aller jusqu’au bout, a-t-il dit. On perd souvent en première instance, puis on gagne par la suite.»

Me Tyler, ancien président du groupe de défense des droits des anglophones Alliance Québec, a soutenu devant les journalistes qu’il n’existait aucune preuve du lien entre l’affichage et la vulnérabilité d’une langue. Il a aussi estimé que la seule donnée négative sur la situation du français au Québec était le déclin du poids démographique des francophones sur l’île de Montréal, et que l’affichage ne changerait rien à ce phénomène.

Si le juge Mascia a conclu que l’affichage à prédominance française revêt une «valeur symbolique» importante, M. Tyler rétorque que ce n’est pas suffisant pour violer la Charte des droits et libertés.

Quant à la prédominance du français dans l’affichage commercial dans Internet, M. Tyler estime que le cyberespace ne fait pas partie du «visage linguistique» du Québec.

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Ah oui, ah oui… Pauvre langue française, elle se sent menacée… 🙂 si on accepte une petite annonce ou une enseigne en anglais ou en autre langue en plus de la variante principale en français, c’est la fin du Québec francophone, la disparition de la langue française en Amérique du Nord… :))) J’en ai assez de cette peur maladive des Québécois qui pensent que, s’ils permettront des inscriptions bilingues, ils vont être envahis et qu’ils vont perdre leur langue! J’ai beaucoup voyagé en extérieur et je n’ai jamais vu une attitude tellement peureuse envers une autre langue, jamais, nulle part! Ce n’est pas une attitude digne d’un grand peuple, mais plutôt des frustrations d’une petite nation qui ne pense pas avoir la force de dominer autrement que par des lois injustes et lâches. Chers amis Québécois, si vous voulez imposer le respect, faites-le avec la force de la nation, de la langue, de la culture, tout comme les Français, les Allemands, les Américains, pas en vous cachant derrière le bouclier des lois lâches et injustes!

et pourtant vous venez de démontrer toute la pertinence de la loi 101,
vu la « qualité » de votre message en « français »

…;

Monsieur Lajos,

Je vois que vous vous étonnez de la législation au Québec concernant la langue française, que vous trouvez extrémiste et absurde. À mon avis, c’est plutôt comparer le Québec à d’autres pays comptant sur une population 10 à 40 fois supérieure qui est absurde.

Les lois sont l’exercice de la force et la conviction du peuple québécois. À la place de baisser la tête devant l’anglicisation galopante de l’ile de Montréal, mais également du Québec, et du piètre état du français, nos précurseurs ont choisi de légiférer, malgré l’opposition féroce des communautés anglophones. Il a fallu du courage et beaucoup d’efforts pour que la langue française soit respectée comme elle le mérite. La Charte de la langue française a permis l’émancipation des francophones face aux anglophones. Et c’est grâce à des mesures comme l’exigence de la prépondérance du français sur l’affichage que l’on y est parvenu. Or, ces avancées sont précaires et il serait insensé de croire que le français est désormais invulnérable au Québec.

Vous mentionnez la France, l’Allemagne et les États-Unis… Tous ces pays vivent un changement de leur paysage linguistique, et dans chacun d’eux se lèvent des voix pour le dénoncer. Même les États-Unis, où la langue espagnole s’immisce et s’installe.

Toutefois, le Québec compte une population d’à peine 7 millions de francophones, ce qui le rend bien plus vulnérable que d’autres. L’affichage obligatoire en français assure que tous les Québécois puissent être servis en français, que nous avons choisi démocratiquement comme étant la seule langue officielle d’usage commun. Nous n’accepterons aucun compromis; c’est d’une importance capitale.

Penser autrement serait un manque flagrant de sensibilité, ainsi que l’expression d’une attitude hautaine et impérialiste. M. Tyler l’illustre bien quand il affirme que «le cyberespace ne fait pas partie du « visage linguistique » du Québec».

Ceux qui pensent que c’est exagéré n’ont qu’à faire une recherche d’images Google « montreal 1960 » pour réaliser d’où le français est parti