La menace d’un conflit de travail plane sur le CN et 4800 de ses employés

MONTRÉAL – Après le Canadien Pacifique (TSX:CP), la menace d’un conflit de travail plane maintenant sur le Canadien National (TSX:CNR), qui semble être loin de s’entendre avec 4800 de ses travailleurs représentés par le syndicat Unifor.

Le président d’Unifor, Jerry Dias, a laissé entendre mercredi qu’il était fort probable que les 4800 employés du bureau, de la mécanique et de l’intermodal du CN représentés par le syndicat se retrouvent en grève si rien ne change.

«Des votes vont avoir lieu, a-t-il dit au cours d’un entretien téléphonique. Cela pourrait prendre trois semaines à obtenir, mais nous voulons nous assurer de faire savoir qu’il y a un conflit potentiel au CN.»

Une grève ne signifierait toutefois pas une interruption de service sur les chemins de fer empruntés par les trains de banlieue de l’Agence métropolitaine de transport au Québec, puisque ces travailleurs ne font pas partie des 1800 membres des Teamsters qui se sont entendus récemment avec le CN.

L’entreprise affirme qu’Unifor a rejeté son offre de trois ans, qui comprend des augmentations de salaire annuelles de trois pour cent et des avantages sociaux similaires à celles comprises dans les ententes conclues avec les Métallurgistes unis d’Amérique et la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada.

Le transporteur ferroviaire montréalais affirme également qu’Unifor refuse d’abandonner sa demande pour que le CN effectue des versements de 5 cents de l’heure par membre à un fonds pour «l’action politique et communautaire».

Le président et chef de la direction du CN, Claude Mongeau, a indiqué que la société était prête à investir dans des causes caritatives, mais qu’elle n’avait pas l’intention d’accepter cette demande du syndicat.

«Il s’agit d’une question de principe pour nous», souligne-t-il dans un communiqué.

Toutefois, le président d’Unifor a tenté de déboulonner la stratégie mise de l’avant par le transporteur ferroviaire consistant à insister sur les versements au fond communautaire, la qualifiant de «diversion».

Selon M. Dias, le Canadien Pacifique a consenti à des hausses salariales de trois à quatre pour cent par année, sur quatre ans.

«Nous nous sommes entendus avec le CP, qui a fait des profits de 1,5 milliard $ l’an dernier, alors que le CN ne veut rien entendre malgré des profits de 3,2 milliards $. Ils jouent à la roulette russe.»

Le président d’Unifor affirme que si le CN était d’accord à consentir aux exigences salariales du syndicat, les demandes concernant le fond communautaire seraient rapidement abandonnées.

«Je n’ai jamais rien entendu d’aussi stupide de leur part, s’est insurgé M. Dias. Qui tient à ce point à cinq cents? Ils ne veulent tout simplement rien savoir de nos demandes salariales.»

Le syndicat explique en outre que son fonds communautaire sert entre autres à financer des organismes qui viennent en aide, par exemple, à des femmes violentées, ainsi qu’à offrir des congés payés à certains de ses membres qui participent à des opérations de sauvetage.

«Le CP a compris la valeur de ce fonds, il est déplorable que le CN ne perçoive pas cette occasion», affirme M. Dias.

Unifor prévoit tenir une conférence de presse jeudi afin de faire le point sur ses pourparlers avec le CN.

Entre-temps, le transporteur ferroviaire a fait part de son intention de modifier, dès vendredi, certaines dispositions des conventions collectives négociées avec le syndicat, affirmant que le Code canadien du travail le permet.

«Le CN consentira aux membres d’Unifor une augmentation salariale de deux pour cent, ce qui est supérieur au taux d’inflation actuel de 1,5 pour cent, affirme la société. Bien que le CN ait signé des ententes qui prévoient des augmentations plus élevées, ces ententes avaient été conclues avant le ralentissement de l’économie.»

Laisser un commentaire