La nouvelle commissaire de la GRC en Alberta, une lesbienne, n’a pas souffert

EDMONTON – L’officier la plus haut gradée de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en Alberta dit avoir toujours été traitée avec respect en tant que lesbienne au sein de la police fédérale.

Si la GRC a été ébranlée au cours des derniers mois par des allégations de harcèlement sexuel — et qu’elle fait face à plusieurs poursuites —, la nouvelle commissaire adjointe Marianne Ryan affirme avoir été bien traitée.

Elle a retenu des sanglots, mercredi, alors qu’elle remerciait sa compagnie lors d’une cérémonie de passation des pouvoirs à Edmonton.

«Je crois qu’il est important de demeurer soi-même, et la GRC est une organisation très diversifiée et accueillante. Après 32 ans [de carrière], je suis très fière de faire partie de cette organisation avec tout ce que nous sommes», a-t-elle déclaré à des journalistes par la suite. «Je suis très chanceuse de pouvoir dire que la GRC m’a toujours traitée avec beaucoup de respect.»

Au dire d’un porte-parole de la GRC, Mme Ryan est la première agente ouvertement lesbienne à occuper un poste de direction en Alberta.

La principale intéressée a réagi en disant qu’«il était agréable de savoir» qu’elle établissait un précédent. «Je suis très fière de ce que je suis et de ce qu’est ma partenaire, et je suis particulièrement fière d’être la commandante pour l’Alberta.»

En 2012, la GRC a diffusé une vidéo mettant en vedette des policiers et des employés civils gais et lesbiennes dans le cadre d’une campagne pour dénoncer l’intimidation homophobe. Certains d’entre eux décrivaient de quelle façon ils avaient été harcelés à l’école, et de quelle façon leur sort s’était amélioré en vieillissant.

Mme Ryan a grandi sur une ferme de London, en Ontario, et a joint la GRC en 1982 après avoir complété des études universitaires. Elle a passé 19 ans à gravir les échelons au Manitoba, avant d’être mutée à Vancouver.

En 2011, elle s’est vu confier la responsabilité de toutes les enquêtes criminelles en Alberta. À l’automne dernier, enfin, elle a été nommée en charge pour toutes les activités dans la province, remplaçant le commissaire adjoint sortant, Dale McGowan.

Mme Ryan croit que son nouveau poste encouragera les femmes à s’engager dans la GRC. Elle raconte que des femmes l’ont approchée pour lui poser des questions sur le métier de policière fédérale, et elle dit être heureuse de pouvoir servir d’«outil promotionnel».

«Si je peux y arriver, tout le monde le peut», dit-elle. «ll y a désormais un grand nombre de femmes au sein de la GRC. Lorsque j’ai débuté dans le métier, il y en avait moins. Mais il y en a eu avant moi et à mes côtés, et il y en aura encore davantage à l’avenir.»