La pilule abortive «RU-486» n’est toujours pas disponible au Canada

TORONTO – Les Canadiennes n’ont pas accès au médicament le plus connu dans le monde en terme de solution de rechange à l’avortement chirurgical, indique une chronique dans le Journal de l’Association médicale canadienne.

Les auteures affirment que Santé Canada étudie actuellement une requête pour amener sur le marché canadien ce médicament connu sous l’appellation «RU-486». Ils soutiennent que les femmes dans 57 autres pays ont accès à cette pilule abortive, et estiment important que la requête soit approuvée au Canada.

Le médicament, le Mifépristone, est utilisé conjointement avec un autre produit déjà approuvé pour d’autres soins au pays.

Le traitement provoque essentiellement une fausse couche, évitant le recours à un avortement chirurgical dans la plupart des cas.

Le RU-486 est disponible en France depuis 1988, au Royaume-Uni depuis 1991 et aux États-Unis depuis 2000.

Un fabricant doit faire la demande à Santé Canada pour que le médicament soit distribué sur le marché canadien. Et la docteure Sheila Dunn, l’une des auteures de la chronique publiée dans le Journal de l’AMC, a dit ne pas bien comprendre pourquoi aucune entreprise n’avait fait auparavant la requête pour commercialiser le Mifépristone au Canada.

«Nous ignorons même les raisons pour lesquelles ce médicament n’a pas fait l’objet de requêtes dans divers pays. Certains motifs sont d’ordre économique», a fait valoir Mme Dunn, une omnipraticienne qui se spécialise dans la médecine de la reproduction au Women’s College Hospital de Toronto.

Des essais cliniques avaient été menés au Canada au début des années 2000, mais l’un de ces essais avait été stoppé après le décès d’une femme d’une infection bactériologique.

Plusieurs autres décès similaires ont été signalés aux États-Unis et en Europe, a indiqué la docteure Dunn. Les enquêteurs n’ont pas été en mesure d’expliquer ces infections rares, a affirmé l’auteure, ajoutant qu’il n’y avait eu aucun cas signalé dans les dernières années.

Des millions de femmes ont utilisé le Mifépristone pour provoquer un avortement tôt dans la grossesse, écrivent la docteure Dunn et la coauteure Rebecca Cook, une avocate et experte des lois sur la reproduction à l’Université de Toronto.

L’approbation du médicament améliorerait l’accès à l’avortement dans des régions du pays où les femmes ont actuellement à franchir de longues distances afin d’obtenir une chirurgie, et libérerait du temps dans les salles opératoires, ont-elles plaidé.

Les plus populaires