La police des transports critiquée pour avoir diffusé une description de victime

VANCOUVER – La police des transports du Grand Vancouver subit les foudres de groupes de défense des droits des victimes pour avoir dévoilé une description détaillée d’une femme qui aurait été agressée sexuellement.

La force policière a lancé un appel public pour que la jeune femme porte plainte, après qu’un témoin eut aperçu un homme la tripoter dans un train aérien.

Le communiqué contenait de nombreux détails dont son ethnie, son âge approximatif, sa couleur de cheveux, sa taille et ce qu’elle portait à ce moment-là — des informations qui n’auraient jamais dû être diffusées, selon des groupes de femmes.

La police a révélé tous ces signes permettant d’identifier une jeune femme qui doit avoir le droit de porter plainte ou de ne pas le faire, a déclaré Irene Tsepnopoulos-Elhaimer, la directrice du centre Les femmes contre la violence à l’égard des femmes.

Le témoin, Kathy Yu, a aussi mis en ligne des photos de l’agression alléguée — sans que les visages de la femme et de l’homme ne soient visibles — sur une page Facebook qui s’appelle «Confessions de UBC» qui a été partagée plus de 2000 fois.

La porte-parole de la police des transports Anne Drennan a dit que la force n’aurait jamais fait circuler pareille photo.

Mais après que l’information eut été mise en ligne sur la page Facebook, les policiers étaient d’avis qu’il fallait faire un suivi. La description pouvait notamment servir à ce que des gens qui la connaissent puissent l’identifier et lui suggérer de communiquer avec la police.

Mme Yu a suivi le suspect à sa station à Richmond jeudi matin. Elle l’a signalé à la police des transports qui lui a demandé de s’identifier. Mais puisque la victime était inconnue, le suspect a pu quitter.

Après l’appel au public des policiers, une victime d’une agression distincte mais similaire sur la même ligne de train a porté plainte. Un lien n’a pas encore été établi mais la police continue d’enquêter, a fait savoir Mme Drennan.

Elle dit que la police ne pourra rencontrer les critères de la Couronne pour que des accusations soient portées sans une déclaration de la victime.