La Société canadienne de pédiatrie met à jour sa position sur la circoncision

TORONTO – Réunissez un groupe de parents de jeunes enfants et soulevez le sujet de la circoncision. Soyez assurés que la discussion sera animée.

Le sujet est très émotionnel, admet le Dr Jeremy Friedman, adjoint au chef-pédiatre à l’hôpital pour enfants de Toronto.

Des parents sans motif culturel ou religieux de faire circoncire leur enfant vont souvent demander si la procédure est nécessaire ou même conseillée.

C’est pourquoi la Société canadienne de pédiatrie (SCP) a mis à jour son énoncé de position sur le sujet, pour clarifier les risques et les bénéfices de retirer le prépuce du petit ou de le laisser intact.

Dans ce nouveau document de principes publié mardi, la SCP «ne recommande pas la circoncision systématique des nouveau-nés».

Cet avis n’a pas changé dans son ensemble depuis le précédent, en 1996, mais la SCP a ajouté qu’il y avait des avantages dans certaines populations.

«Le principal changement entre maintenant et avant, c’est qu’il y a des preuves probantes que la circoncision peut prévenir le VIH», a affirmé la Dre Joan Robinson, une spécialiste en maladies infectieuses pédiatriques à Edmonton.

La circoncision peut aussi prévenir les infections urinaires chez les jeunes garçons et les infections transmissibles sexuellement, comme l’herpès simplex ou le virus du papillome humain chez les adolescents et les hommes, tout en réduisant le risque de cancer du pénis.

S’il a été démontré que la circoncision diminue le risque d’infections, le risque de contracter le virus du sida au Canada est «très, très bas» en comparaison avec l’Afrique saharienne, où la maladie se propage énormément, a souligné le Dr Friedman. Les parents doivent donc tenir compte du contexte pour chaque enfant.

«Pour la plupart de parents, je pense que c’est une procédure essentiellement cosmétique, à moins qu’ils soient adeptes d’une religion qui le recommande», a indiqué Mme Robinson.

«Nous disons simplement que, pour les parents qui sont, pour quelque raison que ce soit, enclin à faire circoncire leur fils, il y a maintenant plus d’études qui démontrent les avantages potentiels.»

La circoncision a été pratiquée durant des siècles comme rituel culturel ou religieux, mais elle est devenue une procédure médicale néonatale au Royaume-Uni et en Amérique du Nord vers la fin du 19e siècle, pour promouvoir l’hygiène génitale, abaisser le risque de maladies et pour éviter de subir cette intervention chirurgicale plus tard.

Vers le milieu du siècle dernier, la plupart des garçons canadiens étaient circoncis de façon systématique. Mais au fil du temps, la procédure s’est raréfiée jusqu’à atteindre le tiers seulement des nouveau-nés.