La SQ a découvert les restes de Cédrika Provencher, disparue depuis 8 ans

Un mystère qui planait depuis plus de huit ans est résolu: les ossements de la petite Cédrika Provencher ont été retrouvés.

La Sûreté du Québec (SQ) a annoncé samedi soir que des restes humains découverts vendredi par des passants dans un bois aux abords de l’autoroute 40, à Saint-Maurice, près de Trois-Rivières, sont bel et bien ceux de l’enfant de neuf ans qui était portée disparue depuis le 31 juillet 2007.

Aucune arrestation n’a été effectuée, mais l’analyse des ossements pourrait faire progresser l’enquête, selon le directeur général de la SQ, Martin Prud’homme qui s’est présenté sur le terrain dimanche.

M. Prud’homme souhaitait rencontrer ses troupes pour avoir une meilleure idée de la façon dont le dossier progressait. Il voulait également discuter avec les proches de la fillette pour leur offrir ses condoléances et pour parler avec eux des avancées enregistrées par les forces de l’ordre.

Lorsqu’il a été interrogé par la presse à propos de ce dernier sujet, M. Prud’homme a refusé d’épiloguer.

Il s’est borné à dire que cette affaire lui tenait «particulièrement à coeur» car il fait partie de ceux qui cherchent à l’élucider depuis 2007.

La mère de David Fortin, qui s’est évaporé dans la nature en 2009 alors qu’il était âgé de 14 ans, a ressenti des émotions contradictoires en apprenant que des restes humains avaient été trouvés.

Caroline Lachance a indiqué que la nouvelle l’a bouleversée mais elle a ajouté qu’elle était en même temps rassurée de savoir qu’il ne s’agissait pas des ossements de son fils.

Mme Lachance a précisé qu’elle se fait un sang d’encre chaque fois qu’une pareille découverte a lieu. «Je ne peux pas faire autrement que de m’imaginer que c’est mon enfant à moi», a-t-elle mentionné.

Une fois le choc initial passé, elle s’est empressée de contacter le père de la petite fille, Martin Provencher, pour lui offrir son soutien. Pour elle, c’était la chose naturelle à faire puisque bien des parents d’enfants et d’adolescents disparus finissent par tisser des liens étroits au fil du temps car ils vivent tous le même cauchemar. «On est devenu comme une petite famille», a-t-elle expliqué.

La disparition de Cédrika Provencher avait provoqué une onde de choc qui avait largement dépassé les frontières du Québec. Plusieurs individus suspects ont été interrogés depuis, mais sans succès.

Le 31 juillet 2007, en soirée, la fillette aurait été sollicitée par une personne adulte pour chercher un chien noir et blanc, près de son domicile trifluvien. Elle n’a jamais été revue depuis.

Le grand-père de Cédrika, Henri Provencher, a réagi sur la page Facebook de la Fondation Cédrika Provencher.

Malgré la douleur et le coeur déchiré, il tient à remercier toute la population, les policiers, les médias, et les bénévoles qui ont aidé ou participé de près ou de loin aux recherches de «sa petite puce». Il souligne la générosité et la grande solidarité que tous ont démontrées dans le drame qu’a vécu la famille.

Quant au père de la fillette, il dit qu’il pourra enfin entamer son processus de guérison, que «le deuil pourra commencer à se faire tranquillement».

La directrice générale d’Enfants Retour Québec, Pina Arcamone, se dit à la fois soulagée et attristée pour les proches de Cédrika. Elle précise que c’est toujours bouleversant de réaliser que l’espoir de retrouver son enfant vivant s’éteint. Mme Arcamone espère néanmoins que la famille pourra enfin vivre son deuil.

Le cofondateur de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues, Michel Surprenant, dont la fille Julie est toujours portée disparue, est sous le choc. Il dit que l’annonce l’a littéralement «assommé», d’autant plus qu’il a souvent côtoyé la famille de Cédrika.

Par ailleurs, la découverte des ossements pourrait éventuellement permettre de conduire à un suspect dans cet assassinat, selon le criminaliste Jean-Pierre Rancourt. Il rappelle qu’une scène de crime «parle toujours». Me Rancourt estime que les enquêteurs seront très minutieux.

Dimanche en fin d’avant-midi, une cinquantaine de policiers se trouvaient sur le terrain pour tenter d’y récolter des indices supplémentaires.

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