La Ville de Lac-Mégantic n’était pas préparée à faire face à un désastre

MONTRÉAL – Une experte ayant examiné le déraillement de train dévastateur à Lac-Mégantic affirme qu’il n’y a pas encore de plans et d’équipement en place pour faire face à un autre incident similaire, un an après la tragédie.

Rosa Galvez-Cloutier, professeure de génie civil à l’Université Laval, estime que la situation n’a pas beaucoup changé depuis les puissantes explosions et le vaste incendie qui ont coûté la vie à 47 personnes le 6 juillet 2013, même si le gouvernement fédéral a resserré la réglementation sur le transport de pétrole par train.

«Il y avait un manque de préparation évident à tous les niveaux, a déclaré Mme Galvez-Cloutier mercredi. Les mesures de précaution, l’état de préparation et les plans d’urgence doivent être mis à jour urgemment.»

La professeure affirme que les pompiers et les responsables de la sécurité de Lac-Mégantic ont été dépassés par le brasier.

«Je pense qu’il y a eu de la panique et un manque de coordination», a-t-elle dit.

Mme Galvez-Cloutier, qui s’est rendue sur les lieux lors de la catastrophe, s’est dite surprise d’avoir vu des pompiers continuer de refroidir les wagons-citernes huit heures après le début de l’incendie, sans avoir encore commencé à tenter d’éteindre les flammes.

Selon l’experte, les efforts des pompiers ont été compliqués par le fait qu’ils n’avaient pas d’information sur la composition exacte du pétrole qui brûlait.

Mme Galvez-Cloutier estime que si les pompiers avaient eu cette information, ils auraient su quelles mesures prendre, comme par exemple utiliser de la mousse pour combattre les flammes.

«Je sais qu’Ultramar a fourni, en dernier recours, une certaine quantité de mousse pour aider, mais cela venait de la bonne volonté de l’entreprise, et non d’une mesure d’urgence prévue à l’avance», a-t-elle déploré.

La professeure de génie civil a fait ces commentaires en ligne durant un webinaire organisé par le Centre canadien science et médias.

Dans son plus récent budget, le gouvernement du Québec a annoncé un financement annuel de 4 millions $ pour fournir une assistance à la formation des pompiers volontaires à temps partiel dans les municipalités.

Le gouvernement a noté que le désastre de Lac-Mégantic avait montré que les pompiers volontaires sont souvent les premiers répondants dans plusieurs municipalités du Québec. Le financement permettra de s’assurer que les municipalités soient en mesure de réagir de façon appropriée aux catastrophes de ce genre.

Durant sa présentation, Mme Galvez-Cloutier a souligné que des informations importantes sur les effets environnementaux du déversement de pétrole étaient toujours inconnues.

«Il y a eu une destruction de l’usine de traitement des eaux usées à Lac-Mégantic qui a libéré des pathogènes dans l’eau, et peu de choses ont été dites à ce sujet», a indiqué la scientifique. «Ces pathogènes peuvent inclure des virus de type E. coli et d’autres pathogènes.»