Voie de contournement: Moreau dit qu’il n’envoie pas de signaux contradictoires

MONTRÉAL – Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, se défend de tergiverser dans le dossier de la voie de contournement souhaitée par Lac-Mégantic et assure que le comité interministériel dont il fait partie analysera «toutes les possibilités» avant de décider si la voie ferrée traversera de nouveau le centre-ville.

«On ne souffle pas le chaud et le froid. On souffle pour prendre notre souffle pour aller le plus vite possible pour aider le monde», a dit le ministre en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne, lundi, au terme de la première rencontre du comité interministériel mis sur pied par le gouvernement libéral.

La semaine dernière, le ministre Moreau avait laissé entendre qu’il serait inéquitable de répondre à la demande de Lac-Mégantic en ce qui concerne la construction d’une voie de contournement puisque «500 municipalités au Québec (…) sont dans la même situation (traversées par une voie ferrée)».

Ces propos avaient fait grincer des dents la mairesse de la petite municipalité frappée par la catastrophe ferroviaire, Colette Roy Laroche.

Rappelant que n’eût été de l’inclinaison «très prononcée» de la voie ferrée entre Nantes et Lac-Mégantic cet accident «ne se serait pas produit avec une telle force», elle avait fait valoir que dans toute réglementation, il existait toujours des exceptions.

«La semaine passée, il y a eu comme un espèce de flottement, parce que quand on a dit que d’autres municipalités allaient faire la même demande, les gens ont vu ça comme: ‘Hop, ils ne veulent pas y aller, ils écartent le projet’. Moi, j’ai dit qu’il s’agissait d’un des critères qui seraient examinés», a plaidé lundi M. Moreau.

Les différents acteurs du comité interministériel sur la relance de Lac-Mégantic ont conclu lundi qu’il était nécessaire de lancer une étude de faisabilité avant de statuer sur la question.

En conférence de presse à Lac-Mégantic, Pierre Moreau a souligné que l’écart entre les différentes estimations du coût de la construction d’une voie de contournement justifiait la tenue d’une telle étude. Selon les diverses estimations, les frais de mise en place d’une telle infrastructure vont de 50 à 175 millions $.

Avant de formuler une conclusion, l’étude de faisabilité analysera divers facteurs, dont le possible emplacement d’une voie de contournement, mais également le volume et la nature des matériaux qui seront transportés sur les rails. Sa phase préliminaire devrait durer trois mois, et ses conclusions définitives sont attendues à l’automne ou d’ici la fin de l’année 2014, a signalé M. Moreau.

De son côté, la municipalité doit présenter en juin une version préliminaire de son plan d’urbanisme, soumettre celui-ci à la population, puis accoucher d’un plan définitif en septembre. Les deux processus sont donc intimement liés.

Le coût de la facture pour cette étude de faisabilité, qui devrait atteindre 2,5 millions $, sera partagé entre le gouvernement du Québec, la municipalité et le groupe Fortress, qui devrait reprendre prochainement le contrôle total des activités de la compagnie ferroviaire Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA).

L’autre acteur impliqué dans ce dossier, le gouvernement fédéral, n’avait pas encore confirmé, lundi, qu’il contribuerait financièrement à l’étude. Ottawa était représenté à la rencontre de Lac-Mégantic par le chef de cabinet du ministre Christian Paradis, député de la circonscription Mégantic-L’Érable, qui ne pouvait s’engager à ce chapitre.

«Ce qu’il nous a dit, c’est que M. Paradis est conscient de la situation et qu’il est ouvert à une participation financière, mais qu’il ne pouvait pas en fournir la garantie (lundi) matin», a relaté M. Moreau.

La mairesse de Lac-Mégantic a par ailleurs rappelé l’importance du «volet humain» de cette tragédie, que l’on est parfois porté à oublier.

«Nos citoyens sont grandement atteints par cette tragédie. Presque un an plus, tard, nous en voyons vraiment les conséquences et les impacts», a-t-elle déclaré en conférence de presse.

En réponse à cette préoccupation, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a confirmé qu’il se joindrait au comité interministériel mis sur pied par le gouvernement libéral et présidé par le député de Lac-Mégantic, Ghislain Bolduc.

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