L’Allemagne, allié du Canada, réévalue les envois d’armes à l’Arabie saoudite

OTTAWA – L’Allemagne examine avec soin toutes les exportations anticipées d’armes en Arabie saoudite en raison des inquiétudes sur les droits de la personne, mais elle n’annulera pas des ententes déjà négociées.

Des responsables allemands ont expliqué à La Presse Canadienne pourquoi le pays avait cessé d’autoriser l’exportation de certains matériels militaires à l’Arabie saoudite.

La position de l’Allemagne jette une nouvelle lumière sur celle du Canada, un allié au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), et sur les récentes critiques concernant l’entente d’une entreprise ontarienne pour exporter l’équivalent de 15 milliards $ en véhicules blindés légers à l’Arabie saoudite.

L’exécution par l’Arabie saoudite de 47 personnes plus tôt ce mois-ci, dont le dignitaire chiite Nimr al-Nimr, a fait ressurgir les appels à une suspension par le gouvernement libéral fédéral de l’entente lucrative entre le royaume et General Dynamics Land Systems.

Les libéraux, tout comme leurs prédécesseurs conservateurs, ont dit ne pas avoir l’intention d’annuler l’entente. Mais le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a critiqué l’Arabie saoudite pour ces exécutions massives. Il envisage même de dévoiler une version partiellement caviardée du plus récent examen de la situation des droits de la personne dans ce pays.

Le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, qui est aussi ministre des Affaires économiques, a affirmé que toutes les ententes sur les armes en cours de procédures entre des firmes allemandes et l’Arabie saoudite seraient examinées de près.

«Nous devons désormais réévaluer la pertinence d’adopter dans l’avenir une position plus ferme envers les armements défensifs, que nous avons vendus jusqu’à ce jour à l’Arabie saoudite pour sa défense nationale», a dit M. Gabriel par communiqué après les récentes exécutions.

Un porte-parole du bureau de M. Gabriel a indiqué que le ministère avait récemment bloqué l’approbation d’exportations à l’Arabie saoudite d’«armes offensives», telles que des chars de combat et des fusils d’assaut G36.