L’année 2015 a été marquée par la découverte du crâne de Cédrika Provencher

MONTRÉAL – Les corps policiers du Québec en ont eu plein les bras en 2015, une année qui s’est terminée par la triste découverte du crâne de la petite Cédrika Provencher, huit ans et demi après sa disparition qui avait ému le Québec entier.

Ce sont des chasseurs qui ont découvert le crâne le 11 décembre dans un secteur boisé à Saint-Maurice, à l’est de Trois-Rivières. Une immense battue a alors été déclenchée, impliquant jusqu’à 200 policiers par moments.

La Sûreté du Québec n’a pas voulu dévoiler si elle avait trouvé d’autres indices sur les lieux qui pourraient aider à résoudre l’enlèvement de la fillette de neuf ans, survenu le 31 juillet 2007.

Opérations d’envergure

L’année a également été marquée par le retour de Maurice «Mom» Boucher dans l’actualité. L’ex-chef des Nomads, la section d’élite des Hells Angels, a été arrêté le 19 novembre en cellule à la prison de Sainte-Anne-des-Plaines, où il purgeait déjà une peine d’emprisonnement à perpétuité pour meurtre, pour être accusé d’avoir comploté avec le chef de gang de rue Gregory Wooley pour assassiner le caïd Raynald Desjardins. La fille de Maurice Boucher, Alexandra Mongeau, aurait servi d’intermédiaire pour relayer en langage codé les messages entre son père et Wooley.

Cette arrestation s’inscrivait dans ce qui a été la rafle policière la plus importante de 2015; en incluant ces trois personnages, les policiers avaient procédé à l’arrestation de 48 personnes le 19 novembre, appréhendant également d’autres membres des Hells et de gangs de rue, ainsi que les nouveaux dirigeants de la mafia italienne, dont le fils de Vito Rizzuto, Leonardo Rizzuto, celui que l’on a désigné comme étant le «parrain par intérim» de la mafia italienne, Stefano Sollecito, ainsi que le criminaliste Loris Cavaliere, qui avait souvent défendu Vito Rizzuto dans le passé.

La saga de «Mom» Boucher n’allait pas s’arrêter là: le quotidien La Presse découvrait à la fin de décembre que le chef des Hells Angels faisait également l’objet d’une dénonciation pour tentative de meurtre à l’endroit d’un codétenu de son domicile carcéral, attaqué au pic artisanal au début de novembre.

Une autre opération d’envergure, menée cette fois par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), avait permis le 11 mars l’arrestation de sept individus, dont deux employés de Revenu Québec, dans un dossier de fraude, de corruption et de collusion. Un autre suspect alors en dehors du pays était recherché.

Selon les policiers, les employés du fisc auraient fourni des informations privilégiées sur un appel d’offres concernant l’octroi d’un contrat informatique de 24 millions $ du ministère du Revenu à un consortium composé des firmes informatiques EBR et IBM.

Les policiers fédéraux ont eux aussi marqué un grand coup en 2015 avec l’arrestation le 1er avril de six personnes à Montréal et Toronto et le démantèlement de deux branches majeures d’un réseau qui se livrait essentiellement à la traite d’«au moins 500» femmes asiatiques, principalement chinoises et coréennes, à des fins de prostitution au Canada.

Véritables esclaves sexuelles, ces victimes étaient exploitées et transférées d’une maison close à l’autre dans un réseau présent à Montréal, Halifax, Ottawa, Toronto, Winnipeg, Calgary, Edmonton et Vancouver et, après quelques semaines ou quelques mois, elles étaient retournées dans leur pays d’origine.

Les policiers se sont aussi retrouvés malgré eux au coeur de l’actualité à la suite de la diffusion d’un reportage dévastateur de l’émission Enquête de Radio-Canada, faisant état de mauvais traitements et d’allégations de sévices sexuels à l’endroit de femmes autochtones par des policiers de la Sûreté du Québec à Val-d’Or, en Abitibi. L’affaire, qui a provoqué une grave crise de confiance envers les policiers dans cette municipalité, a mené à la suspension de huit agents de la SQ et une enquête a été confiée au Service de police de la Ville de Montréal, accompagné d’une observatrice indépendante.

Plusieurs histoires sordides ont également défrayé la manchette au cours de l’année, qui s’est terminée avec la comparution, au palais de justice de Longueuil, de sept membres d’une même famille accusés d’une série de crimes sexuels contre quatre victimes. L’affaire a beaucoup retenu l’attention alors que les accusés, âgés de 59 à 71 ans, ont d’abord comparu au Tribunal de la jeunesse avant d’être traduits en Chambre criminelle puisque certains des crimes qu’on leur reprochait, commis entre 1957 et 1976, avaient été commis alors qu’ils étaient mineurs. Les quatre victimes, également d’âge mineur au moment des faits, avaient décidé en août de révéler leur histoire aux policiers de Longueuil.

Drames conjugaux et familiaux

Par ailleurs, l’été a été malheureusement fertile en drames. Le 3 juillet, les policiers découvraient le corps de Michel Dubuc, 52 ans, dans son domicile de Boucherville. Il s’était enlevé la vie après avoir tué ses deux fils, Jérémie, 21 ans, et Gabriel, 19 ans, également découverts sur place. Auparavant, il s’était rendu à Terrebonne où il avait tué son ancien avocat, Me Benoît Côté, avec qui il était en litige, et une notaire, Marie-Josée Sills, qui était enceinte et n’avait aucun lien avec cette affaire.

Cinq jours plus tard, le 8 juillet, un individu se présentait chez un ferrailleur de Marieville, en Montérégie, où il ouvrait le feu, tuant Marcel Émond et Michel L’Italien et blessant gravement Éric Choquette, qui était vraisemblablement l’objet de la colère de l’assassin, Daniel Massé. Celui-ci allait être retrouvé mort, le lendemain, dans sa voiture.

Le même jour, soit le 9 juillet, un employé de ferme découvrait à Hinchinbrooke le corps démembré de Samantha Higgins, une jeune mère de famille de 22 ans qui avait été portée disparue dans la nuit du 6 au 7 juillet. Le cadavre se trouvait dans un sac près d’un ruisseau. Dans les jours suivant, son conjoint, Nicholas Fontanelle, était accusé de meurtre.

Un autre drame conjugal devait survenir avant la fin de l’été, soit la disparition, le 1er août, d’une jeune femme de 28 ans, enceinte de cinq mois, Cheryl Bau-Tremblay. Après cinq jours de recherches, les policiers trouvaient finalement le corps de la jeune femme dans son domicile de Beloeil, en Montérégie, et procédaient à l’arrestation de son conjoint de 35 ans, Alexandre Gendron.

Écrasements

Curieusement, l’été 2015 allait prendre fin sur une note tout aussi tragique mais de nature complètement différente, avec deux écrasements d’aéronefs coup sur coup dans la même région, soit la Côte-Nord.

Le 23 août, un hydravion de la compagnie Air Saguenay, qui effectuait un court vol de tourisme routinier, s’écrasait en forêt dans le secteur des Bergeronnes. Les six occupants, soit le pilote, une touriste française et quatre touristes britanniques, ont péri sur le coup. Pour une raison inconnue, l’appareil a piqué du nez, selon les constatations préliminaires.

Puis, le 3 septembre, toujours sur la Côte-Nord, un hélicoptère s’écrase sur un rocher au nord de Sept-Îles avec cinq personnes à bord. Deux personnes décèdent, Blandine Pinette-Fontaine, 68 ans, une membre de la communauté innue de Uashat-Maliotenam, et Pierre-Michel Fontaine, 49 ans, employé du ministère de l’Environnement. Les trois autres occupants sont blessés. L’équipe était à vérifier les travaux sur une passe migratoire de saumons sur la rivière Nipissis.

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