L’APN a identifié 51 circonscriptions stratégiques pour le vote autochtone

OTTAWA – Le chef national de l’Assemblée des Premières Nations (APN) estime que les électeurs autochtones pourraient faire pencher la balance entre un gouvernement majoritaire ou minoritaire aux prochaines élections fédérales, prévues en octobre.

Perry Bellegarde affirme que son organisation a identifié 51 circonscriptions stratégiques, dont plusieurs dans l’ouest du pays, dont les électeurs autochtones pourraient influencer le résultat.

Il souligne que l’APN s’affaire présentement à mobiliser les électeurs.

M. Bellegarde rappelle que les Autochtones n’avaient pas le droit de vote au Canada jusqu’en 1961. Maintenant qu’ils peuvent participer à la vie politique du pays, ils commencent à tirer profit de cette «énergie politique» et de ce «pouvoir», dit-il.

L’APN veut s’assurer que les électeurs autochtones fassent des choix éclairés, explique le chef.

Plus précisément, dit-il, les Autochtones doivent savoir quels partis fédéraux appuient la mise en oeuvre des traités et soutiennent les investissements dans des domaines comme le logement, la formation et l’éducation.

Joseph Garcea, qui dirige le département de science politique à l’Université de la Saskatchewan, précise que l’APN tente aussi d’envoyer un message fort aux partis politiques quant à la nécessité de mener des campagnes qui interpellent les électeurs des Premières Nations.

«Ils pourraient en effet être en mesure d’influencer les partis quant à la façon dont ceux-ci vont articuler leur plateforme et (…) tenteront de mobiliser ces électeurs», explique M. Garcea.

L’APN travaille aussi en collaboration avec Élections Canada pour aider les Premières Nations à accéder aux outils électoraux.

La Loi sur l’intégrité des élections, adoptée dans la controverse aux Communes, a éliminé le recours aux répondants dans les bureaux de vote. Cette pratique permettait aux électeurs dûment identifiés d’agir comme répondants pour les électeurs n’étant pas en mesure de présenter les preuves d’identité appropriées.

Ces changements ont causé certaines inquiétudes parmi les Premières Nations.

«Nous voulons nous assurer que ce soit facile et sans heurts, a indiqué M. Bellegarde. Avec l’adoption de cette loi, c’est un peu comme une suppression de certains votes parce qu’il y a beaucoup d’information demandée (aux électeurs).»

La nouvelle loi a également mis fin à l’utilisation, comme preuve d’identité, des cartes d’information de l’électeur envoyées par la poste par Élections Canada. Les électeurs doivent maintenant présenter une pièce d’identité et une preuve de résidence au bureau de vote.

«Parfois, sur les réserves, (ces documents) ne sont pas toujours disponibles et facilement accessibles», souligne M. Bellegarde.

Selon M. Garcea, le chef de l’APN comprend l’impact que peut avoir le vote des Autochtones en partie parce qu’il est originaire de la Saskatchewan. Le vote des Premières Nations a eu beaucoup d’influence dans cette province, particulièrement dans les circonscriptions du nord, souligne-t-il.

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