L’Assemblée nationale fera peau neuve: des travaux de 60,5 millions $ d’ici 2019

QUÉBEC – L’austérité budgétaire ambiante n’affecte pas l’Assemblée nationale, qui injectera 60,5 millions $ de fonds publics pour mener à bien divers travaux visant à réaménager les lieux et assurer une meilleure sécurité à ses occupants et visiteurs.

L’Assemblée nationale du Québec est une entité autonome, distincte du gouvernement, et n’a donc pas à se plier aux contraintes budgétaires de ce dernier. Elle n’a pas davantage besoin de son autorisation pour exécuter des travaux.

Les rénovations débuteront au printemps 2016 pour se compléter à l’été 2019. C’est le Bureau de l’Assemblée nationale (BAN), composé d’élus, qui encadrera tout le processus.

Le parlement était devenu vulnérable, une cible trop facile pour d’éventuels terroristes, a fait valoir le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, pour justifier son projet, en conférence de presse, jeudi.

L’accueil des visiteurs laissait aussi à désirer, en raison d’infrastructures jugées vétustes et peu sécuritaires. Une nouvelle structure, plus vaste et fonctionnelle, sera érigée à l’extérieur du parlement, en sous-sol, sous l’escalier principal, et c’est là que devront converger les 125 000 visiteurs qui fréquentent le parlement chaque année. Les contrôles de sécurité des visiteurs seront accrus.

Le majestueux escalier en pierre, en forme de demi-lune, qui orne la façade du parlement, devra être démoli et reconstruit tel quel, pour permettre l’exécution des travaux.

De plus, deux nouvelles salles destinées aux commissions parlementaires seront construites sous le parlement.

L’accès au parlement, érigé en 1877, sera resserré par diverses mesures de contrôle.

La Sûreté du Québec a produit un rapport en 2011 sur les mesures de sécurité au parlement, qui a été actualisé l’an dernier, à la suite de l’attentat survenu au parlement d’Ottawa. Ce rapport concluait que des lacunes devaient être corrigées en matière de sécurité des lieux, à l’intérieur et autour du parlement, a noté M. Chagnon.

«Le niveau de menace demeure élevé, puisque c’est un édifice qui est susceptible d’être invitant pour des gens qui voudraient faire quelques mauvais coups», a commenté le président de l’Assemblée nationale, qui se dit soucieux de maintenir un équilibre entre la sécurité et l’accessibilité au parlement, surnommé «la maison du peuple».

Le projet initial prévoyait aussi l’érection d’une tour dans la cour intérieure du parlement, une idée qui a été finalement mise au rancart.

Indépendante du gouvernement, même si elle fonctionne avec des fonds publics, l’Assemblée nationale n’est donc pas tenue de verser ses surplus budgétaires au fonds consolidé du gouvernement.

Elle peut conserver ses surplus budgétaires année après année, ce qui lui permet aujourd’hui «d’autofinancer» son projet de rénovation, sans devoir emprunter ou demander l’aide de Québec.

«Nous sommes un organisme autonome», a rappelé M. Chagnon.

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